METO : La maison

Mon fils m’avait dit : Lis-le, tu verras, il est bien… J’ai attendu quelques mois avant de suivre son conseil mais je ne regrette pas de l’avoir écouté. Comme quoi, on a aussi beaucoup à apprendre de ses enfants… 😉

Meto, c’est d’abord un univers. Etrange, froid, glaçant même parfois. Une maison complètement fermée où vivent soixante-quatre enfants, d’âges différents, surveillés par quelques adultes – les Césars – qui ne sont différenciés que par un numéro. L’emploi du temps est extrêmement cadré, toutes les activités sont réglementées et les punitions particulièrement sévères. C’est un univers presque carcéral, surveillé en permanence. Les enfants n’ont que quelques secondes libres dans la journée pour se parler.

Meto, c’est aussi un mystère : que font ces enfants rassemblés là? Eux-mêmes n’en savent rien. La seule certitude qu’ils aient, c’est que, quand ils auront dépassé un certain poids, leur lit craquera et alors ils seront emmenés ailleurs… Meto, héros et narrateur de ce roman, est intelligent. Si dans les premières années de vie dans la Maison, il a pu être dupe de la propagande servie par les Césars, il ne peut plus continuer à vivre dans cette confortable prison sans savoir. Peu à peu, il apprend à résister…

L’auteur, Yves Grevet, réussit, avec peu de choses, à créer un décor bizarre et fascinant dans lequel le lecteur s’immerge pour longtemps, car, impossible de lâcher le livre avant de savoir (fort heureusement, j’ai les deux tomes suivants sous la main, pour survivre au suspens ce week-end…) Cette capacité à créer un univers à partir de quelques détails est un tour de force, à l’heure où l’on a l’impression de vivre dans une surenchère permanente d’images-chocs. Là, on atteint presque les limites du dépouillement. Le lecteur en sait aussi peu que les enfants et bien évidemment, comme eux, il a envie de comprendre ce qui se trame, de savoir ce qu’il y a derrière les murs de cette étrange Maison.

A peine avons-nous franchi la porte à battants qu’une sirène nous intime l’ordre de ne plus bouger et de fermer les yeux. On entend un bruit de pas rapides dans le couloir. Ils sont au moins cinq. Je pense tout à coup à Rémus que je n’ai pas vu se lever. Que va-t-il lui arriver, quand, venant chercher Quintus, ils le verront dormir? L’un d’eux s’est arrêté au milieu de la salle des lavabos. Au bout de quelques secondes, il entreprend une inspection. Il fixe les visages de très près. On sent la forte odeur de graisse qu’il met sur ses chaussures ferrées. Cette odeur m’écœure. Je salive. Je sens que je pourrais vomir. Il se tourne vers la porte et s’immobilise. On entend les mêmes pas rapides dans le couloir, auxquels s’ajoute le bruit d’un sac qu’on traîne. Notre cerbère se dirige vers la sortie. J’entrouvre un œil et le vois de profil. C’est un homme de petite taille, plus petit que moi, sa tête paraît très grosse et comme déformée, et ses bras sont trop longs.

Ce roman, par son atmosphère particulière et son mystère bien entretenu, devrait plaire aux enfants à partir de douze ans. Il aborde de nombreux thèmes – liberté, violence, autorité, soumission, résistance… – et peut donner lieu, après lecture, à des débats passionnants… Avis aux professeurs de français et d’histoire…

METO (3 tomes), Yves Grevet.

 

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