Départs anticipés

C’est la guerre aux Etats-Unis. La guerre entre les jeunes et les baby-boomers, retraités dorés sur tranche qui ne veulent renoncer à aucun de leurs privilèges, même si cela doit forer encore plus profond dans le déficit des retraites. Or, les jeunes en ont assez de subir sans cesse plus de prélèvements et de taxes pour que rien ne change au pays des retraités les plus gâtés du monde, pour qui l’idée de sacrifice se résume à « accepter un délai de livraison de trois jours au lieu de vingt-quatre heures pour leur téléviseur plasma HD 127 cm »…

Cassandra Devine, conseillère en communication, mène sur son blog une virulente campagne anti-vieux et, aidée par un sénateur ambitieux, décide de proposer LA recette à même de résoudre le problème du déficit des caisses de retraites : le transitionnement volontaire, doux euphémisme pour évoquer le suicide assisté à l’échelle nationale…

Après avoir lu de nombreux avis positifs, voire enthousiastes, sur ce livre, j’ai décidé de le lire à mon tour. Si j’ai bien accroché au début – l’histoire de Cassandra et comment elle est devenue cette conseillère en communication revancharde – j’ai par contre été beaucoup moins séduite par la suite. Cette idée de « transitionnement volontaire », intéressante dans l’absolu, pour les développements qu’elle peut engendrer dans un livre, finit par s’embourber dans les arcanes du pouvoir américain. De commission en projet de loi, l’intérêt du lecteur n’en finit pas de s’émousser sur des détails inintéressants..

Reste malgré tout la satire de la société américaine, avec ses excès et sa soif de pouvoir. Entre un président qui jure comme un charretier, un prêtre frustré, un milliardaire à qui l’on ne peut rien refuser, la cohorte des aspirants au pouvoir et à la richesse et tous les parasites qui vivent sur leur dos, Christopher Buckley dresse une série de portraits vitriolés qui valent leur pesant de cynisme. Réflexion sur la société de la sur-abondance et de la consommation à outrance, sur une génération capricieuse et gâtée, Départ anticipés est pour moi un livre inégal qui rate sa cible, même s’il contient de cinglantes répliques et quelques très acides pépites.

Départs anticipés, Christopher Buckley, Points, 8€

Publicités

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. dasola dit :

    Bonsoir, je suis tout à fait d’accord pour dire que ce roman est très inégal car il part dans tous les sens comme si l’écrivain s’était perdu en route. Bonne soirée.

    1. Gwenaëlle dit :

      @ Dasola : oui, c’est un peu l’impression que j’ai eue aussi.

Votre mot à dire?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s