La piste du temps

Vu sur le blog L’actu du noir, ce livre d’Eric Halphen m’a bien tentée. Aussi, quand je l’ai vu dans la liste des Dialogues Croisés, j’ai… comment dire?… sauté dessus! Il faut dire que j’aime bien les romans noirs, les « rompols », comme dit Vargas, les polars, les thrillers et tout ce qui fait peur, surtout s’il est tard, qu’il y a de l’orage,  que les escaliers craquent et que, de sous la couette, on perçoit des bruits étranges et vraiment très inquiétants…

Mais revenons à nos moutons. En l’occurence, l’un d’eux porte une robe noire. C’est un juge, Jonas Barth. Jeune veuf, père d’une petite Chloé et peinant à s’engager dans une autre histoire d’amour. L’autre est flic, bien sûr, il s’appelle Bizek, préfère les hommes et s’accroche à son travail, à défaut d’avoir une vie privée. Ensemble, ils vont mener l’enquête sur le meurtre de Marc Chaussoy, ex-athlète, spécialisé dans le « relationnel », comme dit son père et vivant très confortablement dans un appartement luxueux à Paris. Il a été tué de deux balles dans le corps, déposé sur un chantier. Pas d’indices ou presque : un gros calibre, une chaussure et une montre manquantes…

Le nom d’Eric Halphen est connu : magistrat français, il s’est illustré dans la lutte anti-corruption qu’il a menée, notamment dans l’affaire des HLM de Paris. Ce roman est le deuxième qu’il écrit. Je dois admettre que je m’attendais, de la part de quelqu’un qui a traité des centaines d’affaires, à une intrigue bien plus retorse que celle qui nous est offerte là. Plus qu’écrire un roman policier, on a parfois l’impression qu’Eric Halphen cherche à illustrer une thèse. Or, cette thèse de la corruption par les puissants, de la grangrène des systèmes par l’argent et le pouvoir, est plus que connue et elle n’est pas illustrée ici de manière suffisamment convaincante ou surprenante pour satisfaire l’appétit du lecteur…

Néanmoins, l’attention portée aux personnages compense, en partie, ce défaut et peu à peu, à mesure que les histoires personnelles se révèlent, on s’attache à Barth, Bizek et les autres. En cela, Halphen ressemble beaucoup à certains auteurs anglais, pour qui l’intrigue n’est que secondaire, les personnages ayant toujours le premier rôle. Cette particularité notée, on peut apprécier sereinement cette enquête qui flirte avec les rouages de la justice et s’efforce de se jouer des obstacles que le temps met sur sa route…

Merci à Dialogues Croisés pour cette découverte.

La piste du temps, Eric Halphen, Payot-Rivages/Thriller, 21€50

PS : Monsieur Halphen, arrêtez de faire « pouffer » vos personnages… à force, c’est agaçant!

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