Athènes autrefois puissante

Dans ce roman au titre intriguant, Marie-Sophie Vermot s’attaque au problème épineux de la décompensation chez les adolescents, cette crise qui marque « l’effondrement des systèmes de défense habituels d’un sujet confronté à une situation affective nouvelle et insupportable« .

Pour Danaé, le déclencheur est le divorce annoncé de ses parents et la dépression de sa mère. Avertie par une lettre un peu froide pendant ses vacances chez une amie, la jeune fille est mise devant le fait accompli à son retour à Paris : ses parents se séparent, son père vit avec une autre femme et sa mère, en arrêt maladie prolongé, soigne sa dépression chez ses grands-parents. Sans ses repères habituels, sans personne à qui parler (elle vient de changer de lycée et son frère est parti en Espagne), Danaé en perd le sommeil et il suffira d’un évènement anodin pour que le fil ténu de la raison se brise en elle et qu’elle « pète » littéralement les plombs…

Envoyée en convalescence dans le sud, chez ses grands-parents – qui veillent déjà sur leur fille dépressive – Danaé essaie de vaincre ses peurs et de retrouver une vie normale. Sa rencontre avec Florence, calligraphe, va-t-elle lui permettre de parler et de s’ouvrir un peu?

Je suis un peu partagée pour évoquer ce roman. J’y ai trouvé de beaux passages, l’évocation d’un sujet difficile, une esquisse de ce qu’endurent ces enfants qui vivent avec des parents à la fois négligents et exigeants (surtout en termes de résultats scolaires). Mais j’ai eu l’impression d’une histoire un peu bancale, qui ouvre des pistes mais ne les explore pas, qui laisse au final beaucoup de questions sans réponse et se termine sur une note tenue mais qui ne résout rien… Peut-être parce que ce genre de crise ne se « guérit » jamais et que le sujet reste fragile…

En conclusion, j’ai trouvé que cette histoire recelait quelques pépites mais qu’elles n’étaient pas suffisamment exploitées. A lire si l’on s’intéresse particulièrement au sujet.

Athènes autrefois puissante, Marie-Sophie Vermot, L’école des loisirs

Pour celles et ceux qui se demandent « pourquoi un tel titre? », sachez qu’il fait référence à la passion de la mère de Danaé, la Grèce Antique : elle donne à ses enfants des prénoms de héros de la mythologie, s’inspire de la philosophie athénienne pour mener sa vie, jusqu’au jour où Danaé constate : 

« Aujourd’hui, l’empire athénien affichait son déclin sous la forme d’une Elizabeth ratatinée et amorphe ».

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7 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. keisha dit :

    Bon, OK, mais je n’ai pas sous la main d’ados qui m’appartiennent, on me les prête seulement (et c’est bien assez comme ça!) ^_^

    1. Gwenaëlle dit :

      @ Keisha : comme je te comprends! 😉

  2. Asphodèle dit :

    Avec un titre pareil je pensais que tu allais nous parler de la Grèce, le parallèle est bien vu mais non, je passe… Comme tu le soulignes « ce sont des problèmes qui ne finissent jamais » ou « jamais vraiment »… 😉

    1. Gwenaëlle dit :

      @ Asphodèle : je ne suis pas experte en la matière et tant mieux d’ailleurs!

  3. j’aime bien l’explication du titre!

    1. Gwenaëlle dit :

      @ Claudialucia : ça parle à ta culture classique! 😉

  4. Loo dit :

    Il n’y a que le titre qui m’ait attiré. Je pensais y voir un autre sujet traité. Je ne suis pas encore arrivé à la période ado. Chaque chose en son temps.

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