Bibliothérapie

Se soigner par les livres?

Les grands lecteurs le savent depuis longtemps : lire fait du bien! On trouve dans les livres une forme d’oubli, qui permet de mettre de côté, pour quelques minutes ou quelques heures, ses soucis. Certaines phrases, lues à des moments particuliers, trouvent en nous un écho vibrant qui nous fait réfléchir et avancer. Les livres nous permettent aussi de nous confronter à d’autres vies que la nôtre, et de voir comment, confrontés à des situations semblables à celles qu’on peut avoir vécues, les personnages s’en sortent…

La Grande-Bretagne pionnière…

IMG_4747Si la bibliothérapie est presque complètement ignorée en France, elle se répand de plus en plus largement en Grande-Bretagne, comme par exemple à Kirklees, dans le Yorkshire, où non seulement on pratique cette forme de thérapie douce, mais où, en plus, on forme des bibilothérapeutes.

Ces derniers travaillent sur les bases d’un véritable partenariat avec les acteurs du domaine de la santé. Des sessions de groupe ont lieu dans les bibliothèques, bien sûr, mais aussi dans les hôpitaux, dans les centres de lutte contre l’alcool ou la drogue. La bibliothérapie n’est pas indiquée pour toutes les pathologies. Elle est surtout efficace auprès des personnes qui souffrent de troubles légers comme l’anxiété, la dépression, les attaques de panique. Des études ont été menées et ont prouvé que les effets de la bibliothérapie sont nombreux. Elle contribue à réduire les symptômes de la dépression, le niveau de douleur physique, le stress. Elle favorise une meilleure estime de soi. Elle permet également de réduire l’isolement et d’améliorer le langage et les aptitudes à communiquer.

Comment se déroulent les séances? 

Le plus souvent, le bibliothérapeute lit quelques morceaux choisis au groupe. Il s’ensuit une discussion entre les participants, qui parfois, apportent aussi leur propre contribution, piochée dans d’autres livres ou écrite par eux. Les textes sont extraits de trois sortes de livres : le répertoire classique des livres de fictions et de poésie, les ouvrages traitant de psychologie et les manuels de développement personnel.

Aller plus loin

La France gagnerait à se pencher sur cette forme de thérapie qui nécessite peu de moyens et produit de réel effets, comme le prouvent les différentes études mentionnées dans cet article. Il semble que cela bouge un peu cependant, grâce à quelques personnalités du monde de la psychologie qui reconnaissent l’effet bénéfique des livres sur la santé. Une manière de relancer la lecture et de restaurer ce lien social mis à mal par les dernières décennies de néo-libéralisme effréné? Après tout, c’est bien connu, il n’y a pas de mal à se faire du bien…

Puisque Glaz! se veut aussi un lieu d’échanges, j’aimerais savoir s’il vous est arrivé d’être aidé ou guidé par vos lectures? Dans quelles circonstances? Quelle saines lectures recommanderiez vous, qu’il s’agisse de fiction ou d’ouvrages plus pratiques? N’hésitez pas à évoquer votre expérience dans les commentaires…

Bonnes lectures à tous! 

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20 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. ecrimagineur dit :

    Il existe, à la Médiathèque de Fouesnant (29), des rendez-vous lecture, où l’on partager de la façon que tu décris. Mais (à mon goût) ces rencontres se sont, depuis quelque temps, « dévoyées » par la présence (qui s’impose lourdement !) de représentants de librairies de la région, qui (ne) sont là, évidemment, (que) pour promotionner les dernières sorties.
    Cela fausse complètement le sens de ces rencontres …
    Loïc

    1. @ Ecrimagineur : ce que tu évoques, c’est plutôt un cercle de lecture, comme ici à Douarnenez. Pas de thérapie là-dedans. Ou alors, sans le vouloir… 😉 Par contre les librairies invitées, effectivement, ça fausse un peu le jeu…

  2. Quaidesproses dit :

    Je ne connaissais pas « concrètement » la bibliothérapie. Même si le concept en lui même me paraît assez évident. Je suis du même avis que toi ; la France gagnerait à se pencher sur cette forme. Ayant moi-même souffert d’une certaine pathologie ; je ne peux qu’admettre les effets de la lecture ou des livres en général, qu’ils soient spécialisés ou de simples romans.
    Si l’on a dans sa bibliothèque des livres qui parlent concrètement de notre pathologie (livres « médicaux »), un essai ou un « témoignage romancé », je pense que le fait de savoir que d’autres le vivent, le ressentent, le pensent – ou simplement que nous ne sommes pas seuls, aide d’une manière ou d’une autre. Quant aux autres livres, les romans – en général, peuvent aider à trouver un écho, ou réponse, voire apporter une réflexion quant à nos vies (qu’importe le thème). Bref, dans tous les cas c’est bénéfique. Le seul risque, à mon sens, et il ne s’agit là que d’un « faux risque » reste l’isolement que pourrait apporter une immense bibliothèque ; celui de devenir un petit rat de bibliothèque, et oublier de partager.C’est quand même génial de pouvoir aborder un sujet avec les autres. C’est pour cela que je valide l’idée de lien social lié aux livres. Sans oublier que certains psychiatres ont noté l’effet de la poésie sur certains patients (si je ne dis pas de conneries). Alors la lecture, oui, mais l’écriture aide aussi beaucoup. Et c’est aussi en lisant qu’on songe écrire, non ?
    Dans tous les cas, ça apaise, ça amène à la réflexion, ça fait travailler l’imagination, ou simplement on s’évade. Que demander de plus?
    Ce commentaire n’est pas très utile puisque je ne valide que ce que tu dis, aha.

    1. Si, si, il est très utile pour mon ego! 😜 des lectures à conseiller?

  3. Quaidesproses dit :

    Pour les livres spécialisés, je ne peux pas, puisque pour moi c’était (c’est?) ultra ciblé. aha
    Quant aux autres… je pense que c’est plus suivant qui tu es et tes goûts, et ce dont tu as besoin d’y trouver. Personnellement, Vian et Baudelaire, sont probablement ceux qui ont eu le plus « d’influence », sur moi. Mais je picore çà et là.. je prends ce que j’ai à prendre dans tous les livres qui m’entourent.
    Puis, les livres oui.. mais j’ai tendance à dire que la musique adoucit les mœurs, mais apaise aussi les angoisses. Tu peux te tourner vers ça aussi. 🙂

    1. @ Quaidesproses : c’est vrai, la musique agit aussi très bien… et côté lecture, c’est parfois le hasard qui fait bien les choses, qui nous met un livre entre les mains pile au bon moment.

  4. Yv dit :

    Intéressant, mais il faut bien cibler. Faire lire un thriller bien tendu à des angoissés, on risque l’effet inverse…

    1. @ Yv : je vois, toi, tu es plutôt pour la thérapie de choc… 😉

  5. aifelle dit :

    Je ne connaissais pas ce genre de thérapie, ça me paraît tenir la route. De nombreux livres m’ont aidée, je me souviens encore du premier où j’ai découvert que l’on pouvait se « lâcher » sur des sentiments inavouables sans que le ciel nous tombe sur la tête ! Je ne donne pas le titre ici, j’en dirais déjà trop 😉 Et après j’ai souvent cherché et trouvé un réconfort dans des lectures où je voyais comment d’autres s’en sortaient.

    1. @ Aifelle : merci pour ton commentaire! J’aime particulièrement ces moments de doute où tu te retrouves un peu par hasard avec pile le livre qu’il fallait à ce moment-là, qui t’aide à avancer ou répond à tes questions…

  6. flipperine dit :

    lire un bon moment d’évasion, de détente

  7. Martine dit :

    Je suis absolument convaincue de l’aide thérapeutique des livres et de la lecture. M’en suis rendue compte à plusieurs reprises. Très bel article. Merci

  8. ohoceane dit :

    pour élargir, c’est Hugo qui disait ouvrez des écoles pour fermer des prisons, et Alexandre Jardin qui surfe un peu sur cette idée, a bien compris aussi que plus on lit et moins on se tourne vers la souffrance, la colère…

    1. Exactement. Et puis c’est une bonne façon de maintenir son intelligence en alerte.

  9. sylire dit :

    Je suis archi-convaincue. Des tas de livres m’ont éclairée depuis l’enfance. Je ne sais vraiment pas qui je serais sans les livres. Certainement pas la même. Je crois que les livres m’aident principalement à combattre la frustration ne n’avoir qu’une vie.

    1. J’aime bien ton commentaire. 😃 Sans doute les écrivains écrivent-ils pour combattre le même genre de frustration.

  10. Marc Lef dit :

    Ah, j’en avais entendu parler… cela dit, avec la vingtaine de livres que je lis par mois, je risque guère de tomber malade!

    1. @ Marc Lef : attention, toutes les lectures ne se valent pas… Lire Angot ou Delaume, par exemple, peut se révéler dangereux! 😉

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