Juste un lendemain

9782709647618-GUn homme. Une femme. Il est au Québec, près du Saint-Laurent. Elle est dans l’archipel du Vanuatu. Ils se téléphonent. Si longtemps qu’ils ne se sont pas vus! Ils se retrouvent, se re-découvrent, évoquent leurs souvenirs communs, leur vie actuelle. Sous les échanges tantôt vifs, tantôt attendris, perce une complicité que le temps et la distance n’ont pas réussi à émousser.

Juste un lendemain est un livre petit et court, à peine 80 pages. Je suis entrée dans l’histoire immédiatement, sans doute grâce au dynamisme de la forme dialoguée, qui place le lecteur dans le vif du sujet sans délai. L’apparence de ce bref récit peut dérouter : une conversation de quatre-vingt pages, sans noms, sans tirets, avec le risque de perdre le fil parfois, de ne plus savoir qui dit quoi. Mais curieusement, cela a ajouté à son charme. J’ai été happée, entraînée. Sous les phrases, apparait le dessin d’un amour fort, de la connaissance toujours intime que chacun a de l’autre et peut-être des regrets de n’avoir pas su s’aimer mieux.

Une jolie surprise, au goût doux-amer, dont l’écho des voix résonne longtemps.

Juste un lendemain, Yves Hughes, Collection Plein Feu, JC Lattès, 4 €. 

Du même auteur, lire aussi le billet sur « En chantier ».

Surprise hein?

Plutôt : de t’avoir, là.

Pas moi. Ma voix.

C’est pareil.

Non. Mais fidèle à ça. Tu ne dis rien? Juste ça.

Quoi?

Ma voix qui se brûle à son café du matin.

Ta voix qui surgit du bout du monde, et ton corps, d’homme, dans le froid du Canada, je l’imagine.

N’imagine pas trop.

Mais si, pourquoi?

Mon corps d’homme depuis si longtemps. On a vieilli lui et moi.

Pas ta voix.

Ne t’y fie pas.

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. sous les galets dit :

    Je ne sais pas si je serais sensible à ce type de format. J’ai toujours peur que ça s’essouffle (quoique sur 80 pages, c’est moins risqué). Ca me rappelle « Quand souffle le vent du Nord » (l’effet romance en moins j’espère)

    1. @ Sous les Galets : non, là, pas le temps de se lasser. Et c’est plutôt de la nostalgie de l’amour dont il est question ici.

  2. Vietransparente dit :

    A dévorer sans modération…

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