Bons baisers de Téhéran

9782253191186-XQuartier chic de Los Angeles. Tôt le matin. Un homme git dans sa voiture, encastrée dans la grille de sa propriété. Il est mort. Egorgé. Lorsque la police arrive, son corps a disparu. La police enquête et ses recherches ne sont pas facilitées : l’homme – seulement connu sous le nom de « fils de Raphaël » – semble n’avoir eu pour but dans la vie que de mentir, tricher et berner, ce qui a permis une croissance exponentielle du nombre de ses ennemis…

Avec Bons baiser de Téhéran, Gina B. Nahai nous plonge dans l’histoire de l’Iran et de la communauté juive iranienne, partie s’installer aux Etats-Unis à la suite de la fuite du Shah. Si les premières pages m’ont semblé un peu brouillonnes, le flashback qui mène le lecteur à Téhéran, en 1952 permet de prendre solidement pied dans le récit : l’histoire de la famille Soleyman, contée à l’orientale, dans un mélange de sorts et d’anathèmes proférés par la putain noire de Buchehr, d’amours contrariées et de vengeance longuement fomentée, le tout sur une toile de fond économique et politique passionnante. Y compris lorsque l’auteur évoque le sort de ces exilés qui, à l’arrivée de Khomeini au pouvoir, ont dû quitter leur pays et tout ce qu’ils possédaient sans se retourner pour tenter de refaire leur vie ailleurs.

Un roman haut en couleurs, avec des personnages contrastés, servis par une plume pleine d’énergie. On y apprend beaucoup de choses et certaines remarques sur la différence entre culture occidentale et culture orientale sont bien amenées.

Or, de là où venait Neda, le chagrin et la joie étaient les deux moitiés  d’un même fruit empoisonné – doux et amer, bien que, au bout du compte, il vous tuât de la même façon. Les gens n’étaient pas, comme en Occident, nés pour conquérir, dominer et devenir président, mais pour apprendre la patience, la tolérance et la résilience face à ce que la vie leur jetait à la figure.

Comme Keisha, mon plus gros bémol concerne la mise en page, qui laisse un peu à désirer : phrase sans fin, fautes et traduction parfois un peu lourde. Que cela ne vous décourage pas pour autant de sauter dans ce bain tonique et souvent drôle, où le goût de la vengeance se mêle au parfum des roses…

Bons baisers de Téhéran, Gina B. Nahai, Editions Préludes. 

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10 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Jerome dit :

    Je l’ai reçu mais je n’étais à priori pas plus tenté que ça.Tu pourrais me faire changer d’avis.

    1. @ Jérôme: je m’en réjouis! Il est dense, tu verras. Avec des personnages très marquants.

  2. Aifelle1 dit :

    Je l’ai remarqué chez Keisha, malgré le bémol. Tu confirmes donc qu’il est à découvrir.

    1. @ Aifelle : oui, il vaut le détour.

  3. sylire dit :

    Comme Jérôme je l’ai reçu. Avis à suivre quand j’aurai trouvé le temps de le lire.

    1. @ Sylire : eh oui, il est épais en plus! Mais très intéressant. Et souvent drôle.

  4. keisha41 dit :

    ‘Contée à l’orientale’ , voilà la bonne expression ; qui a contribué à mon plaisir de lecture, bien sûr. Un roman qui paraît souvent amusant, mais les pages sur l’exil et la fuite de certains personnages révèlent une bonne gravité, une douleur, c’est sûr. J’espère que d’autres vont le lire!

    1. @ Keisha : ce côté oriental rend vraiment la narration savoureuse.

  5. Intéressant aussi certainement d’un point de vue historique pour voir ce qu’était l’Iran jadis.

    1. @ Claudia : oui, tu as tout à fait raison!

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