Et rien d’autre

1550727-gfPhilip Bowman rentre à New-York après avoir combattu sur un porte-avions, pendant la Seconde Guerre Mondiale. Pour le jeune homme qu’il est alors, seules deux choses comptent : la littérature et la quête de l’amour. Rapidement, il est embauché par un éditeur, et découvre ce milieu particulier, composé de maisons indépendantes, où la personnalité de l’éditeur compte autant que le talent des écrivains. Bientôt, il rencontre Vivian, une jeune femme issue d’une famille richissime. Ils se marient, mais très vite les deux jeunes gens doivent se rendre à l’évidence : ce mariage est une erreur et un échec.

Au fil des grands moments de sa vie, Philip connaîtra d’autres amours et d’autres déconvenues. Ses rêves de jeunesse s’affadissent avec le temps, et comme tous ceux qui l’entourent, il doit se résigner à la tiédeur et à la monotonie.

Il n’y a rien d’exaltant ou de fracassant dans le récit de cette vie, sans doute plus « facile » que pas mal d’autres. Entre carrière et recherche de l’amour, un homme se construit. Ou se défait. Question de point de vue…  Ce qui rend le roman incomparable, c’est l’écriture de James Salter qui n’a pas son pareil pour résumer tout un monde en une phrase. Avec des mots minutieusement choisis, des paragraphes ciselés, il parvient, entre détachement et humour, à rendre toute les couleurs de la palette de la vie.

La scène se passait en Caroline du Sud, à Ovid […] avec ses allées de gravier en coquilles d’huîtres pilées et ses panneaux publicitaires en fer-blanc, ses églises, ses bouteilles de whiskey emballées dans des sacs de papier marron, et ces filles à la peau blanche et aux cheveux ondulés qui travaillaient dans des boutiques et des bureaux, et dont l’une était forcément destinée à devenir votre femme.

Il y a quelques chose du peintre dans la manière dont l’auteur brosse décors et personnages, une manière élégante et précise d’aller à l’essentiel.

Le Paris qu’il lui montra était celui des panoramas et des rues, la perspective des Tuileries, l’arrivée place des Vosges, la rue Jacob et la rue des Francs-Bourgeois, les grandes avenues avec leurs boutiques de luxe – le prix à payer pour le paradis -, le Paris des plaisirs ordinaires et le Paris de l’insolence, le Paris qui suppose par avance que l’on sait quelque chose ou que l’on ne sait rien.

Un roman qui ne fait pas de bruit, mais séduit pour longtemps l’esprit du lecteur par son écriture racée et son charme teinté de nostalgie.

Et rien d’autre, James Salter, Editions de l’Olivier. 

Titre original : All there is, traduit de l’anglais par Marc Amfreville. 

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Aifelle1 dit :

    Je n’ai pas encore lu cette auteur, je suis tentée de découvrir son écriture.

    1. J’ai vraiment beaucoup aimé sa façon de ramasser l’essentiel en quelques lignes.

  2. ohoceane dit :

    Un roman très Fitzgeraldien ! Une pépite.

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