La petite lumière

Un pays de montagnes et de forêts. Un homme seul. Un homme retiré du monde, dans un hameau seulement peuplé de fantômes et d’hirondelles. Il vit là, comme tapi au milieu d’une nature luxuriante, et parfois inquiétante par sa propension à tout coloniser. Excepté les rares fois où il prend sa voiture pour aller faire quelques courses dans un village proche, il n’a personne à qui parler.  Aussi est-il très intrigué, soir après soir, par cette petite lumière qui s’allume de l’autre côté de la vallée. Qui allume cette lumière dans le lointain? Cette question finit par l’obséder, et il n’aura de cesse de trouver la réponse.

Réponse qui plonge le lecteur plus loin encore dans les questionnements que ne manque pas de soulever ce roman à l’écriture magnifique, qui évoque par moments un monde d’après désastre, une terre rendue à la sauvagerie végétale, peuplée de créatures douées de parole, soumise aux caprices de la tectonique des plaques. Dans cet univers entre conte et anticipation, l’homme est seul et remis à cette place qui n’a jamais cessé d’être la sienne. Il cherche et se cherche. Fragile créature à la merci du destin…

Pourquoi y a-t-il tout ce sous-bois mauvais?, je me demande. Qui essaie d’envelopper et d’effacer et d’étouffer les arbres plus grands. Pourquoi toute cette férocité misérable et désespérée qui défigure toute chose? Pourquoi tout ce grouillement de corps qui tentent d’épuiser les autres corps en aspirant leur sève de leur mille et mille racines déchaînées et de leurs petites ventouses forcenées pour détourner vers eux la puissance chimique, pour créer de nouveaux fronts végétaux capables de tout anéantir, de tout massacrer? Où je peux bien aller pour ne plus voir ce carnage, cette irréparable et aveugle torsion qu’on a appellée vie?

Une lecture envoûtante que je dois à Aifelle qui a trouvé les mots justes pour évoquer ce roman d’un auteur italien.

La petite lumière, Antonio Moresco, Verdier. 

6a00d8345167db69e201b7c728a37a970b-320wi

Advertisements

4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Aifelle dit :

    C’est une de mes meilleures lectures de ce début d’année et je pense que ça le restera. L’écriture et les thèmes sont très au-dessus du panier 🙂

    1. @ Aifelle : oui, c’est un livre qui te hante un peu, après…

  2. keisha41 dit :

    Bon, si tu t’y mets aussi! ^_^

    1. @ Keisha : la faute à Aifelle, tout ça… 😉

Votre mot à dire?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s