Le désordre naturel des choses

imgresC’est à l’occasion d’une émission sur Turin que j’ai découvert l’écrivain Andrea Canobbio. Et comme certains le savent, rien de ce qui est italien ne peut m’être indifférent, aussi ai-je eu envie de lire un roman de cet auteur dont je n’avais, jusqu’alors, jamais entendu parler. Le désordre naturel des choses, écrit en 2004, est le cinquième roman de Canobbio.

Son personnage principal est Claudio Fratta, un jardinier paysagiste plutôt connu et renommé. Il aime créer des jardins pour éloigner le désordre naturel des choses. C’est un homme solitaire, indécis, qui vit dans une ferme. Il a des liens plutôt distendus avec sa mère, mais reçoit presque tous les week-ends son frère et ses deux neveux, qui lui tiennent lieu de famille.

Un soir, alors qu’il est dans sa voiture, sur le parking d’un supermarché, il voit un homme se faire renverser par une camionnette, et aussitôt après, une femme sort de sa place de parking et roule sur le corps inanimé. Mû par une étrange pulsion, il suit cette femme et la sauve d’un accident de voiture, mais quitte l’hôpital sans laisser son nom ni chercher à la revoir.

Quelques mois plus tard, une nouvelle cliente le contacte pour imaginer un nouveau jardin autour de sa villa. Il la reconnait aussitôt : c’est l’inconnue qu’il a sauvée. Fasciné, il accepte de travailler pour elle. Commence alors une relation étrange, dérangeante et magnétique à la fois, qui oblige Claudio à sortir de sa routine pour s’interroger sur sa propre histoire familiale.

Si le personnage de Claudio Fratta crée des jardins ordonnés, Andrea Canobbio, lui, laisse proliférer sous sa plume des histoires touffues et aux nombreuses ramifications, qui à la fois perdent et enchantent le lecteur. J’ai été très sensible à la prose de l’auteur, à sa manière bien particulière de dérouler cette histoire qui ne ressemble à aucune autre. Difficile de décrire le charme étrange qui opère à la lecture de ce roman. Ou alors il faudrait évoquer le plaisir qu’il y a à s’égarer dans un vaste jardin pour mieux se retrouver à la fin…

Une belle découverte!

… les quelques mots prononcés par Rossi ce soir-là s’étaient plantés en moi et avaient poussé et mûri pour produire la vision crépusculaire et nocturne de formes qui apparaissent dans un faisceau de lumière et sont aussitôt englouties par la nuit, c’était l’idée d’un jardin clos, sans regard sur l’extérieur, fluide et doux, changeant, inquiet, pas un jardin étouffant, mais aussi chaud et agréable qu’un rêve, dans le silence assourdissant d’un rêve…

Le désordre naturel des choses, Andrea Canobbio, Gallimard. 

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12 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. kathel2 dit :

    Encore un auteur italien que je vais noter… tu m’en vois ravie !

    1. @ Kathel : tant mieux! J’ai bien envie de continuer à découvrir cet auteur-là aussi… Il a quelque chose d’éminemment sympathique.

  2. Asphodèle dit :

    Je ne connais pas du tout (très mal les auteurs italiens à vrai dire hormis des pointures comme Buzzati ou Baricco). A suivre, j’ai bien envie de noter mais ce serait folie ! 😉

    1. @ Asphodèle : j’aime tellement ce pays que je voudrais bien pouvoir les lire en VO, les auteurs italiens… mais du temps, du temps pour faire tout ça, où le trouver???

      1. Asphodèle dit :

        Déjà lire en VO dans les langues que nous étudiées au lycée est difficile… je pense qu’il ne faudrait jamais s’arrêter avec les langues étrangères, continuer à lire, même avec difficulté et un dico…ça revient ! Mais ça prend du temps et nous n’en avons jamais assez ! 😉

      2. @ Asphodèle : sur Mars, les journées durent 48 heures je crois… Ce serait parfait! 🙂

  3. Aifelle dit :

    Cette histoire là me paraît très étrange et ne m’attire pas tellement. Il me faudrait un autre titre pour découvrir l’auteur.

    1. @ Aifelle : c’est peut-être parce qu’il est difficile d’en parler, et qui plus est d’en parler bien… Il y a « Trois années lumières » qui parait-il est très bien… Je le lirai sans doute.

  4. Océane dit :

    J’avais lu quelque part un truc sur l’ésotérisme des jardins, la façon dont leur dessin est en soi une forme de magie. Une histoire avec un héros un peu mystérieux, ça fait un jolie parallèle, avec les ramifications du jardin. J’aime bien 🙂

    1. @ Océane : oui, et l’ensorcellement agit par l’écriture aussi…

  5. miriam dit :

    cette histoire de jardin me plait bien, je note

    1. @ Miriam : en espérant que ça te plaira!

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