Comment trouver l’amour à cinquante ans quand on est parisienne…

Catherine Tournant est professeur de français dans un lycée de Seine Saint Denis. Mais les années et les réformes passant, elle ne fait plus qu’accomplir avec efficacité ce que l’on attend d’elle.

Elle avait vu défiler, une année scolaire chassant l’autre, plusieurs milliers d’élèves de seconde, première et terminale, auxquels elle avait patiemment réexpliqué  des notions normalement acquises dès la sixième. Elle avait cessé de s’interroger sur le bien-fondé de la technicité des programmes, de l’aplatissement des textes par l’étude et la disparition du plaisir de la lecture. Progressivement, elle s’était laissé anesthésier.

imgresIl faudra l’enterrement de la mère d’une élève et la réfection d’une salle de bain pour que le quotidien ordonné de cette cinquantenaire bascule, lentement… Loin de ses classes, dont une rumeur l’a temporairement chassée, les sens affolés par la plastique irréprochable d’un jeune plomber d’origine sénégalaise, Catherine Tournant va être amenée à remettre peu à peu en cause les grands principes qui fondaient sa vie. Autour d’elle, gravitent des personnages secondaires attachants qui tous sont pris, eux aussi, dans une sorte de crise existentielle qui aboutit à une remise en question des croyances, des idées, des principes.

Au-delà de l’histoire, l’atout majeur de ce livre tient au style de l’auteur. D’une manière à la fois distanciée et pleine d’humour, Pascal Morin se délecte à décrire les tourments et les aventures de ce milieu intellectuel parisien dont les certitudes sont peu à peu émiettées par la confrontation à la réalité. Entre marivaudage et étude sociologique, ce roman est un vrai régal.

Catherine Tournant s’était souvent dit que le sexe ne lui manquait pas, comme pour s’en persuader, parce que, bien entendu, c’était tout le contraire. Elle savait en effet que les plaisirs de l’esprit, contrairement à ce qu’elle prétendait, ne remplaçaient pas celui du corps. Elle eut envie de Robert Diop, furieusement. Et elle se sentit aussi inexpérimentée que si c’était la première fois.

Comment trouver l’amour à cinquante ans quand on est parisienne, Pascal Morin, Babel. 

15 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. kathel2 dit :

    J’avais écouté l’auteur à une conférence au Festival du Premier Roman il y a quelques années, et je voulais lire ce livre… bien sûr, ce n’est pas encore fait, tellement d’autres m’ont tenté entre temps ! 😉

    1. @ Kathel : c’est la malédiction des blogueurs et blogueuses… 😉

  2. Ex-In Cold Blog dit :

    Je serais moins enthousiaste que toi. A défaut d’étude sociologique, j’y ai trouvé quelques ficelles mais aussi de « jolis » clichés

    1. @ Ex-In Cold Blog : j’avoue que le ton du roman, plein d’humour, m’a distraite et rendue peu attentive à ses défauts… Je devais être dans un bon jour!

  3. Aifelle dit :

    Voilà qui me paraît une lecture idéale pour les vacances, lorsque l’on est pas trop exigeant 😉

    1. @ Aifelle : comme le dit Keisha, le titre donne à penser qu’il s’agit de quelque chose de léger, mais il y a de vraies questions de société derrière cette histoire.

  4. keisha41 dit :

    Le titre est trompeur, j’ai trouvé le contenu (et l’écriture) bien plus intéressants qu’a priori.

    1. @ Keisha : oui, il y a beaucoup de choses dans ce roman. Je suis en train de me dire qu’il faudrait le lire au moins deux fois, pour en percevoir tous les degrés.

  5. @sylire dit :

    Ça pourrait me plaire, je crois. Rien que le titre. …

    1. @ Sylire : je pense que le ton pourrait te plaire… Je le garde sous le coude, si tu es intéressée…

  6. saxaoul dit :

    Je suis d’accord avec Keisha. Le titre a sans doute fait fuir certains lecteurs. Pourtant, le contenu est intéressant et invite à réfléchir.

    1. Oui, c’est vraiment une mode ces titres à rallonge… Pas toujours adaptée au contenu.

  7. folavrilivres dit :

    Je l’ai déjà repéré… Après ton billet, je suis bien tentée de l’ajouter à ma PAL!

    1. Allez, laisse toi tenter… Dit-elle d’une voix diabolique ! 😈

      1. folavrilivres dit :

        :p surtout que j’ai beaucoup de mal à résister quand c’est un Actes Sud !!!

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