Amélia

IMG_20150821_115847Début tragique. Alors que Kate arrive en retard au lycée où étudie sa fille, elle découvre voitures de police et ambulances, et une foule agglutinée autour d’un corps sans vie. Il s’agit d’Amélia, sa fille, qui semble avoir mis fin à ses jours en sautant du toit du bâtiment. Choc. Douleur indicible. Culpabilité. Spirale infernale. Désespoir total. Kate sait qu’elle ne s’en remettra pas. Mais un matin, elle reçoit un texto qui affirme qu’Amélia n’a pas sauté.

Commence alors pour cette mère rongée par le chagrin et l’incompréhension, un long chemin, à la recherche de la vérité. Aidée par un inspecteur motivé, Kate va peu à peu mettre à jour des pans de la vie privée de sa fille, et comprendre que malgré leur proximité, elle ne la connaissait pas si bien…

Le roman de Kimberley McCreight est très prenant Une fois commencé, difficile de le lâcher. Roman sur l’adolescence et ses secrets, sur une relation mère-fille parfois complexe, « Amélia » est à la croisée du roman policier et du roman social sur une génération soumise – plus que les précédentes – via les réseaux sociaux, à la dictature de l’apparence et de la conformité.

Si j’ai littéralement plongé dans cette lecture, quelques éléments ont, cependant freiné un peu mon enthousiasme, et m’empêchent d’en faire un coup de cœur. Il s’agit notamment d’invraisemblances (la police américaine accepterait-elle vraiment la participation d’une mère à une enquête? Vu son souci du respect des procédures, j’en doute…) et de pistes insuffisamment exploitées (la prof Liv, Dylan…). Et puis par moments, j’ai eu l’impression troublante de retrouver des éléments d’autres romans (Les Revenants, de Kasischke) ou de séries américaines (The good wife).

Au final, je trouve qu’Amélia vaut surtout pour l’image – assez inquiétante – qu’il donne d’une certaine partie de la société américaine. Rien de nouveau sous le soleil (fric, apparence, sécurité, politiquement correct, etc…), mais avec une sorte de durcissement et une amoralité parmi les jeunes générations qui font froid dans le dos.

Amélia, Kimberley McCreight, Le Cherche-Midi. 

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Aifelle dit :

    Un peu moins d’enthousiasme qu’ailleurs chez toi donc, mais je le garde quand même sur ma liste de lectures potentielles.

    1. Aifelle : sur le moment, on est très pris par l’histoire. Après quelques jours de réflexion, on se rend compte qu’il y a quelques petites craquelures… Mais c’est un excellent « page-turner »!

  2. keisha dit :

    Ah oui je me suis fait la réflexion pendant ou juste après ma lecture (mais ai oublié d’en parler dans le billet!): le fait que la mère mène un peu l’enquête, arrive chez les gens pour les interroger, etc. Mais à part ça c’est bien fait, et j’ignore comment je prendrais cette lecture si j’avais une ado…(fille)(j’aurais peur?)

    1. @ Keisha : oui, c’est bien fait, on est vraiment accroché, mais ça n’empêche pas quelques petits détails qui font tiquer. En fait, après avoir lu ce roman (et écouté divers reportages, lu quelques articles) c’est les Américains qui me font peur! 😉

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