Les livres prennent soin de nous

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Régine Detambel est écrivain, mais à lire ce court essai sur la bibliothérapie, j’ai l’impression qu’elle est, avant tout, une grande amoureuse des livres.

La bibliothérapie, j’en avais déjà parlé ici. Partant du constat que les livres font du bien, différents acteurs du monde de la santé ont commencé à soigner par l’intermédiaire de la lecture.

Dans son ouvrage, Régine Detambel propose une bibliothérapie créative, loin des manuels de développement personnel qui n’offrent à ses yeux que conseils convenus et terriblement terre à terre. Pour elle, l’adjectif « facile », associé au mot lecture, est « effrayant, voire scandaleux », car, dit-elle, « en littérature ou en poésie, c’est à dire en art, il n’y a précisément rien à comprendre« .

« Parfois, le fait de donner une signification à ce qu’on lit est accessoire. C’est l’infusion qu’on recherche, la fusion avec les signes de la page, l’imbibition par le texte, non son interprétation. Parfois la question du sens est secondaire. Tout le plaisir est là. Et le vertige. Ne demande pas ton chemin à quelqu’un qui sait car tu ne pourras pas t’égarer, déclarait Rabbi Nahman de Bratslav voilà plus de deux siècles.« 

Si ce livre est relativement court, il aborde néanmoins la lecture sous toutes ses facettes, et donne du grain à moudre à qui s’intéresse à tout ce qui touche à l’écrit. Lire aux différents âge de la vie, lire pour se confronter au monde et mûrir. Lire pour comprendre. Lire pour s’évader… Les prescriptions sont nombreuses. Les effets secondaires parfois inattendus. Et c’est avec la fougue de celle qui pratique depuis longtemps que Régine Detambel nous fait part de ses réflexions.

En guise de conclusion, un passage qui semble avoir été écrit pour l’enfant de six ans que j’ai été, et qui très vite a trouvé un refuge inespéré entre les pages… En espérant qu’à votre tour, vous aurez envie de découvrir les grands bienfaits de cette bibliothérapie créative :

Les livres ont toujours été accueillants aux exilés. Nous sommes nombreux à avoir usé et abusé de l’hospitalité de la lecture, de son caractère englobant, maternant. Lire est un moyen de résister à l’exclusion, à l’oppression ; lire est un moyen de reconquérir une position de sujet, au lieu d’être l’objet moqué du discours des autres. Lire, c’est mon pays. Rien ne manque quand je lis, le temps disparait et je ne dépends de personne pour cela. Les histoires réparent ; dans un livre, on est toujours chez soi.

Les livres prennent soin de nous, Régine Detambel, Actes Sud.

Edit de 15h00

A la suite du commentaire de Keisha, j’ai cherché quelques éléments liés à la polémique citée. Il semble, en effet, que Régine Detambel ait emprunté des extraits des livres de Michèle Petit sans les citer comme tels. Ces faits avérés manquent d’élégance, c’est certain, mais cela n’enlève rien à l’intérêt du sujet. 

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12 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. louis dit :

    « Lire, c’est mon pays », on s’y réfugie quand cela ne tourne pas rond, on se calfeutre, bien emmitoné, peut-être, près d’un feu de cheminée, très vite la magie opère et, rapidement, vient l’envie de « retourner dans le monde ».
    Lien télérama: http://www.telerama.fr/livre/les-livres-delivrent,132867.php#xtor=

    1. @ Louis : l’idéal serait de pouvoir s’y réfugier dès qu’on le veut, pas seulement quand ça ne va pas! 🙂 Merci pour le lien.

      1. louis dit :

        Bien sûr (je restais en phase avec le sujet traité) aussi lire, tout heureux sous un arbre, abaisser le livre et rêvasser comme un bon celte!

      2. @ Louis : exactement! 🙂 (bon celte : pléonasme? 😉 )

  2. folavrilivres dit :

    Je l’ai lu et j’ai beaucoup aimé, j’ai recopié plein de passages 🙂

    1. @ Folavrilivres : c’est vrai, il y a de nombreuses réflexions qui trouvent un écho en chaque lecteur.

  3. keisha41 dit :

    Lu, bien aimé, noté plein de passages. Et puis j’ai eu vent d’une polémique, ça m’a refroidie, et pas de billet.

    1. @ Keisha : à la suite de ton commentaire, je suis allée voir. Il y a, en effet, des passages empruntés à une autre auteure qui n’ont pas été cités comme tels. C’est décevant, et perturbant (qui a dit quoi, pour finir?) bien sûr, mais cela n’enlève rien à l’intérêt du sujet.

      1. keisha41 dit :

        Exact, je ne regrette pas ma lecture, le sujet demeure intéressant!

  4. Aifelle dit :

    Comme Keisha, j’ai été très refroidie par la polémique, je ne sais pas d’ailleurs si elle s’est excusée depuis, ou l’a reconnu. Elle n’a pas besoin de cela pourtant, son talent n’est plus à prouver.

  5. lorouge dit :

    La polémique est gênante oui, écrire un livre sur le dos d’une autre et ne pas la nommer c’est drôlement mal élevé ;0) Mais le livre me tente tout de même et j’ai très envie de le lire, comment ne pourrions nous ne pas l’être alors que les livres sont tant pour nous !! Je rajoute ton billet avec vos plus tentateurs, (mois d’avril) bises

    1. @ L’or rouge : oui, cette affaire de citation non mentionnées comme telles est vraiment douteuse, mais le sujet reste passionnant. Une deuxième édition du livre en question est sortie, rendant à César ce qui lui appartient…

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