Bleu de travail

Lorsqu’il n’y aura plus de ciel, plus d’ombre, plus de lune, plus de nuit, plus d’obscurité. Lorsque tout sera devenu lumière et que la clarté sera plus opaque que le plus opaque des tombeaux. Lorsque nous serons aveugles de tout voir. Que la brûlure sera la vérité. J’irai me camoufler dans ces silences de pluie qui traînent parfois au fond de tes yeux. Là où poussent les rêves et les questions. Là où tout ce qui brille se repose de tout traverser sans rien goûter. Là où mon orgueil meurt à l’ombre d’une ortie.

De Thomas Vinau, j’avais lu Et nos cheveux blanchiront avec nos yeux. J’ai retrouvé dans ce Bleu de travail ce que j’avais aimé dans le roman : une voix singulière, une manière de dire le sublime et le pathétique dans un même mouvement. La nature et les éléments sont omniprésents. Toutes les frontières sont poreuses. Il y a l’amour et la mort, la vie et la pluie.

imgresLe charme opère. Je me suis laissée prendre à ces « vignettes » des jours passant. J’ai imaginé l’auteur sur un bout de table de cuisine, dans l’odeur du café refroidi, en train d’écrire sur une feuille froissée ces petits fragments d’existence toujours au bord du déséquilibre.

Le genre de livre totalement futile et absolument nécessaire. Une écriture indispensable, comme un courant d’air frais. Quelque chose comme des pépites mélangées au gravier.

Bleu de Travail, Thomas Vinau, La Fosse aux ours. 

Une lecture que je dois  à Sabine et à Aifelle, grandes dealeuses de pépites!

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12 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. aifelle dit :

    J’aime beaucoup ton « totalement futile et absolument nécessaire ». C’est bien résumé. Thomas Vinau, de toute façon, je suis une inconditionnelle 😉

    1. @ Aifelle : j’avais bien cru comprendre cela en effet! 😉

  2. Yv dit :

    je ne connais pas du tout, mais je lis plein de belles choses sur les livres de l’auteur

    1. @ Yv : je pense qu’il y a des choses qui pourraient te plaire. Et d’autres peut-être t’agacer… Il faut que tu tentes!

  3. anne7500 dit :

    Belle image, « les pépites mélangées au gravier ». Je ne l’ai pas encore, celui-ci… ça ne saurait tarder 😉

    1. @ Anne : oui, oui, il ne faut pas tarder! 😉

  4. sous les galets dit :

    Très beau billet….comme je le disais chez Aifelle, je crains tellement de rester en dehors de l’écriture de Vinau que je n’ose pas le tenter. Il est beau votre enthousiasme poétique.

    1. @ Galéa : Merci! C’est une écriture à grappiller, pas quelque chose à lire d’un coup. Peut-être qu’un de ces jours, tu auras envie, malgré tout…

  5. noukette dit :

    J’avais lu Et nos cheveux… et n’avais ressenti aucune émotion… à mon grand regret. J’ai très envie de redonner sa chance à Vinau, peut-être avec ce titre justement.

    1. @ Noukette : c’est vraiment affaire de sensibilités ce genre de textes. Certains aiment, d’autres n’y entrent pas… Mais c’est toujours bien de donner une deuxième chance! 🙂

  6. sylire dit :

    J’ai lu plusieurs ouvrages de Thomas Vinau mais pas celui-ci. Je retrouve bien son univers dans ton joli billet.

    1. @ Sylvie : merci! Oui, il a un univers bien à lui.

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