Purity

Je n’avais encore rien lu de Jonathan Franzen, mais diverses interviews de l’auteur m’avaient laissé croire que c’était un tort. J’ai donc jeté mon dévolu sur le tout nouveau roman, pas encore traduit en français, dont la simplicité du titre contrebalance l’extrême richesse et la complexité de l’histoire : Purity.

imgresLe roman s’ouvre sur une conversation entre Pip – de son vrai prénom Purity – avec sa mère. D’emblée la relation entre ces deux-là est posée. Une mère manipulatrice qui a élevé sa fille seule et en a fait son objet. Une fille perdue, bizarre, qui peine à trouver sa place dans le monde, et entame sa vie avec une dette si colossale (elle a dû financer elle-même ses études) qu’on se demande si son avenir n’est pas déjà totalement compromis. D’autant que sa mère refuse de lui révéler l’identité de son père. Cette quête sera en quelque sorte le moteur du livre.

Pour essayer d’en savoir plus sur ce géniteur, Pip va accepter d’aller passer quelques semaines en Bolivie, auprès d’Andreas Wolf, homme charismatique, sorte de Julien Assange, qui s’est fait une profession de révéler les petits et grands secrets des puissants de ce monde grâce au piratage informatique.

Puis on la retrouvera à Denver, au sein d’un journal indépendant et en ligne, dirigé par Tom Aberant, un homme qui est tout le contraire d’Andreas Wolf.

L’auteur adopte différents points de vue, et différents temps dans la chronologie. On passe ainsi de la jeunesse d’Andreas Wolf en RDA au premier mariage de Tom Aberrant avec une héritière qui refuse son statut et pratique une forme d’art conceptuel. Cette technique permet d’enrichir considérablement l’histoire, et de rendre les intrigues nouées de plus en plus complexes. Cela rend aussi une tentative de résumé particulièrement ardue…

J’ai beaucoup apprécié cette lecture, dense, riche, vivifiante et drôle. Jonathan Franzen enracine ses histoires dans notre modernité, et ses réflexions sur l’obsession de transparence, sur la pureté des intentions des uns et des autres, sur le secret et la manipulation sonnent juste. Les personnages sont d’une densité qui les rend complètement crédibles. L’humour est omniprésent, et le trait fait mouche. J’apporterais deux bémols, cependant. Il y a quelques longueurs – notamment dans la description des relations entre Tom Aberant et son ex-femme, absolument insupportable. J’ai dû passer quelques pages car lire ces dialogues m’était presque douloureux (mais quitte-là, bon sang!)… Et l’intrigue m’a parue vraiment tirée par les cheveux.

Au final, cette première rencontre avec cet auteur américain m’a plu et je lirai sans doute ses romans précédents.

Purity, Jonathan Franzen.

Le Pr Platypus a un avis bien plus sévère sur ce roman. La différence entre nos deux perceptions vient peut-être du fait que je n’avais aucun a priori, aucun point de comparaison…

Publicités

8 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. keisha41 dit :

    J’ai découvert franzen il y a fort longtemps avec Les corrections, excellent, un pavé (mais écrit-il autre chose? oui, un recueil de textes aussi, lu et approuvé) (intitulé Pourquoi s’en faire, TB)

    1. @ Keisha : oui, l’auteur écrit peu, mais ce sont à chaque fois des pavés. Je lirais bien Freedom après celui-ci…

  2. aifelle dit :

    Un auteur que je n’ai pas encore abordé non plus. Le thème de celui-ci me tente, il me faudra attendre la traduction.

    1. @ Aifelle : le thème est intéressant, sa manière de l’aborder également.

  3. anne7500 dit :

    J’ai lu Les corrections et Freedom, j’ai aimé, donc je serai sûrement tentée par la traduction française de ce Purity… C’est une brique aussi ?

    1. @ Anne : oui, il est gros, même si je l’ai lu sur ma liseuse… Plus de 500 pages je crois! Je vais poursuivre ma découverte avec Freedom je crois.

  4. sylire dit :

    C’est un auteur que je ne connais pas encore… A voir si je tombe dessus quand il sera traduit. Je ne me sens pas capable de lire un tel pavé en anglais. Il me faudrait un dictionnaire sur ma table de chevet et j’y mettrais une plombe.

    1. @ Sylire : certains de ses ouvrages sont déjà traduits… J’ai entendu le plus grand bien de Freedom, je pense que je le lirai bientôt. Ce que Franzen dit en tant qu’auteur, dans les diverses interviews que j’ai pu lire ici et là m’intéresse beaucoup (sur son métier, sur l’évolution de la société, etc…)

Votre mot à dire?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s