Le goût du large

Nicolas Delesalle est grand reporter pour le magazine Télérama. Dans Le parfum de l’herbe coupée, il évoquait ses souvenirs d’enfance. Dans Le goût du large, le voici embarqué pour neuf jours à bord d’un cargo qui transporte des conteneurs d’Anvers à Istambul.

Profitant de cette réclusion maritime, et du temps dont il dispose par la force des choses (plus de portable, plus de Wifi…), il évoque la traversée de ce géant de 275 mètres de long, et des hommes à bord, mais il fait également remonter à la surface ses souvenirs de reporter.

P1060240De l’Indonésie à la Russie, de Kaboul au Niger, le journaliste a accumulé les rencontres et les anecdotes liées à ses voyages. Au cœur du Printemps arabe ou dans la forêt équatoriale, il donne à voir les images d’un monde en mutation et bouleversant, bien loin de notre confort occidental. Il évoque son métier, ses risques, ses surprise aussi, quand il faut par exemple aller s’enterrer dans une grotte en Ardèche pendant deux jours, seul, dans l’humidité et le froid, pour contribuer à un numéro spécial consacré à la lumière

Drôle, intéressant, sensible, Nicolas Delesalle aime les beautés de cette planète, et malgré les guerres, les massacres et les ravages commis sur la nature, il semble ne jamais perdre foi en l’humain. Au final, c’est un double portrait qui se dessine : celui de notre monde malade, mais d’où la vie jaillit de partout, et celui d’un homme passionné qui n’en finit pas d’arpenter pour mieux raconter.

Le goût du large, Nicolas Delesalle, éditions Préludes.

« Savent-ils que les Hazaras existent? Que nous vivons en paix? » a-t-il ajouté. Je n’ai pas osé lui dire qu’avant de venir dans son pays, moi-même, j’ignorais l’existence des Hazaras? J’avais honte. « Non, désolé, peu de Français le savent », ai-je répondu. Certains des jeunes garçons ont ri, lui s’est rembruni. Il a dit : « Comment peut-on faire pour s’en sortir si personne ne sait que nous existons? » Il avait à peine vingt ans, mais l’éclat de ses yeux, son attitude posée et le calme de sa voix trahissaient un homme déjà beaucoup plus vieux, une maturité précoce sculptée dans les renoncements, et cette forme de lassitude prématurée engendrait aussi chez lui une force qui, je crois, ne s’était pas encore exprimée et attendait son heure. Chaque fois que j’entends le mot « migrant », je vois le visage de ce jeune homme. Il ferait un excellent capitaine de cargo. Je lui ai promis de raconter les Hazaras chez nous tant que je pouvais. […] Au cœur de l’Afghanistan subsiste une fragile zone de paix, la région de Bamyian, un merveilleux pays peuplé par des gens aux yeux bridés et aux pommettes hautes. On les appelle les Hazaras.

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8 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. aifelle dit :

    Je n’ai pas encore lu le premier, j’ai du retard … j’ajoute celui-ci à la liste.

    1. @ Aifelle : à la longue liste… 😉

  2. keisha41 dit :

    J’ai lu le premier. je l’ai aimé. On m’a proposé ce second (en novembre) . J’ai insisté (en janvier) J’attends toujours. Je suis d’autant plus déçue que 1) je sais que j’aimerai 2 ) je viens d’en recevoir un de la même collection (sans l’avoir demandé) qui n’est absolument pas ma tasse de thé et a rejoint la pile des ‘niet!’
    La vie de la blogueuse est difficile. Pour me consoler, je lis les bouquins de la bibli ou de ma pAL. ^_^

    1. @ Keisha : ah zut alors! tu es frustrée dans ton envie d’évasion, là… Mon exemplaire est à ta disposition si tu veux.

      1. keisha41 dit :

        Je l’ai redemandé… ^_^

      2. @ Keisha : l’obstination va finir par payer! 😉

  3. sylire dit :

    Il est dans ma PAL depuis novembre, je ne l’attendais pas (pas de bol pour Keisha). Ton avis me ravit.

    1. @ Sylire : une escapade en cargo, ça change du voilier! 😉

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