L’âme prêtée aux oiseaux

livre_galerie_294Le roman de Gisèle Pineau évoque la filiation, et tout ce qui nous construit.

Mère célibataire, ayant quitté son île pour fuir de mauvais souvenirs et trouver de meilleures conditions de vie, Sybille devient la locataire de Lila. Lila est une femme déjà âgée, qui vit seule avec ses souvenirs. Fantasque, bavarde, elle s’attache aussitôt à Sybille et surtout à son fils, Marcello.

Le petit garçon grandit entre ces deux femmes si différentes, au passé tissé de souvenirs, et de mensonges. L’enfant se construit au carrefour de deux histoires. Les hommes, bien qu’absents, sont au cœur même de cette mémoire fragile et sensible que chaque femme porte en elle.

Le récit passe de la Guadeloupe à la France, du passé au présent, des souvenirs aux espoirs. La langue est belle, travaillée, souvent poétique. L’ensemble est riche, coloré, tissé de toutes ces légendes et de ces croyances qui forment la culture d’une île bien singulière. Le portrait de Lila surtout se détache de l’ensemble : femme forte, amoureuse de l’amour, hantée par un passé terrible, et qui pourtant n’en finit pas de croquer la vie.

Et l’âme prêtée aux oiseaux? me direz-vous. Eh bien pour connaitre le fin mot de cette légende, il vous faudra plonger dans ce beau récit…

Extrait :

On avait faim. On avait peur. Restait que l’amour pour croire en la vie… et pour manger aussi, Billy… Fallait manger, chaque jour, tu peux comprendre ça! Restait que l’amour! J’ai été danseuse nue. J’ai bradé mon corps pour m’acheter des topinambours, du rutabaga, du malt grillé, de la margarine et du saindoux… J’ai exercé cinquante métiers pendant que ceux de chez toi dansaient du ventre, les miches à l’air, sous les cocotiers… J’ai traficoté, Billy! 

L’âme prêtée aux oiseaux, Gisèle Pineau, éditions Philippe Rey

 

8 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. keisha41 dit :

    Roman reçu ici discrètement, et que je me promets de lire tranquillou. Un peu comme un autre de la même collection, l’année dernière, et qui m’avait beaucoup plu. La silencieuse, d’A Schéder.

    1. @ Keisha : oui, il faut prendre son temps, pour savourer, et ne pas se perdre dans toutes les histoires imbriquées! Une belle découverte pour moi.

  2. keisha41 dit :

    Au fait, le Delasalle, redemandé, re promis, n’arrive pas. Bon, tant pis!^_^

    1. Je peux te l’envoyer, moi! 😉 Et ce ne sont pas de paroles en l’air… Je le récupèrerai en juin, si tu veux.

      1. keisha41 dit :

        Ben, écoute, ce serait une idée (j’ai déjà fait ça avec A girl, elle envoie, je lis, elle vient-mais pas que pour ça!-, elle récupère)
        Ou alors on s’en échange quand je vais à Paris.
        Bon, juin, oh oui ça approche.

      2. Ok ça marche! Je te l’envoie d’ici la fin de la semaine! 😀

  3. aifelle dit :

    Je crois que j’ai lu quelque chose de l’auteure. Le thème m’intéresse, je note celui-ci. On dirait deux beaux personnages de femmes.

    1. Exactement. Et c’est aussi l’occasion d’aller à la rencontre de la culture guadeloupéenne qu’on connaît peu.

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