Terres rares

Vous souvenez-vous du roman « Chaos Calme« , de Sandro Veronesi? Eh bien son héros, Pietro Paladini revient. Dix ans ont passé. Claudia, sa fille, est juste majeure. Ils vivent à Rome, désormais, et ont trouvé une sorte d’équilibre. Mais le temps d’une journée, Pietro va voir l’univers patiemment reconstruit s’effondrer devant ses yeux. Il se fait confisquer son permis de conduire, oublie son portable, découvre que son associé lui a menti et que la police a saisi tous les dossiers de leur affaire de vente de voiture. Et comme ce n’est pas encore assez, Claudia est partie sans l’en avertir à Milan, chez sa tante.

9782246857532-001-XSe croyant traqué et susceptible d’être incarcéré pour complicité, voire d’être liquidé par un gang de roumains patibulaires, Pietro décide de disparaitre. Et c’est presque naturellement que ses pas le conduisent vers Milan… Plus que le déraillement du présent, c’est peut-être le passé qu’il faut enfin solder?

Sandro Veronesi plonge, avec humour et parfois un vrai sadisme littéraire, son héros dans une sorte de crise de la cinquantaine, brève mais très intense. Ne pas se fier aux toutes premières pages, qui sont un peu rébarbatives : elles sont nécessaires pour la suite, et l’histoire prend assez tôt de la vitesse. Telle une boule de flipper qui ne maîtrise pas sa trajectoire, Pietro Paladini rebondit d’une péripétie à l’autre. Cette accumulation d’emmerdements – comment les appeler autrement? – m’a fait penser au film « After Hours », de Martin Scorsese.

Loin de traiter cela uniquement sous l’angle de l’humour – il y en a, mais pas trop – Sandro Veronesi pose, à travers son héros, la question des choix, des mensonges que l’on invente à son propre usage, de la conformité et aussi de l’incontournable solitude de l’être humain. Petit bémol à mes yeux totalement subjectifs : les digressions nombreuses, qui nuisent parfois à la force du récit.

Mais l’ultime question que Pietro Paladini devra se poser est celle-ci: quand tout déraille autour de soi, c’est peut-être qu’il est temps d’ouvrir les yeux, non?

Terres rares, Sandro Veronesi, Grasset. 

Voilà pourquoi les terres rares m’intéressent, lui ai-je dit : parce qu’elle m’apprennent que si je veux arriver à une chose difficile à atteindre, je dois détruire l’être solitaire qui le contient. 

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8 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. aifelle dit :

    Je n’ai pas lu « chaos calme », du coup celui-ci a peut-être moins d’intérêt tout seul ?

    1. @ Aifelle : non, je pense qu’on peut le lire sans connaître le précédent. Les deux histoires ne sont pas vraiment reliées.

  2. Martine dit :

    Très très tentant! Je crois bien que je vais te suivre! Merci

    1. @ Martine : de rien, j’espère que cette lecture te plaira!

  3. sylire dit :

    J’avais adoré chaos calme. Celui-ci ne peut que me plaire !

    1. Tu sais où le trouver si tu veux le lire, hein… 😉

  4. Ton billet est très tentant. L’idée d’une suite à Chaos calme ne me séduisait pas beaucoup au départ, mais maintenant je suis assez curieuse de lire cela…

    1. Si tu as l’occasion de le lire, j’espère que ça te plaira alors!

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