L’écrivain national

P1060108Serge est invité en tant qu’écrivain en résidence dans une petite ville du Morvan. Il se retrouve d’emblée au cœur d’un fait divers local. Commodore, un vieil homme qu’on dit richissime, a disparu. Ses plus proches voisins, Aurélik et Dora, deux marginaux aux fréquentations douteuses, font l’objet de toutes les suspicions. Aurélik est incarcéré, et Dora laissée en liberté.

Fasciné par la photographie de la jeune femme trouvée dans un journal, Serge cherche à s’en rapprocher. Un pas de trop après l’autre, il se retrouve impliqué dans la « petite histoire » et devient l’objet d’attention de toute la population. L’écrivain national joue les enquêteurs, entre fait divers et enjeux économiques qui laissent les habitants partagés.

Cette lecture du roman de Serge Joncour m’a laissée perplexe. Impossible d’évaluer ma lecture en disant j’ai aimé ou pas. Il y a des choses qui m’ont plu : l’humour, les réflexions sur l’acte d’écrire, la manière de « croquer » la vie de cette ville miniature, où tout le monde se connait et où les instincts ne s’avouent qu’à l’abri des regards. Il y a une atmosphère qui rappelle les films de Chabrol, une épaisseur dans l’air qui contamine toutes les pensées. Mais n’est-ce pas un peu trop? Ne frôle-t-on pas, par moments, le cliché?

L’attitude de Serge vis à vis de la jeune Dora est également bien inflammable et complaisante. Là aussi, on se demande si l’écrivain qui se retrouve comme le lièvre dans la lumière des phares de la beauté magyare au point de se compromettre n’est pas quelque chose de déjà vu et revu.

C’est peut-être cela au final qui m’a gênée : cette oscillation constante entre le bien vu et le trop vu. On y croit (les rencontres avec les lecteurs, le journaliste inculte, le maire à la faconde bien huilée…) et puis quelques mots de trop, et le verbe perd de sa puissance. A l’image de l’arbre qu’on élague et qu’on aère, cet « Ecrivain national » aurait peut-être mérité quelques coupes claires pour que toute la puissance de sa sève puisse vraiment s’exprimer…

Mais ceci n’est bien bien sûr que mon avis dont je revendique la totale subjectivité…

Gambadou est comme moi, partagée. Et Laurie itou…

L’écrivain national, Serge Joncour, J’ai lu. 

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18 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. aifelle dit :

    J’avais assisté à une rencontre avec lui sur ce roman et …. elle m’avait laissée perplexe. Je n’ai pas l’intention de le lire.

    1. @ Aifelle : alors si même la rencontre avec l’auteur t’a laissée perplexe… je comprends que tu ne sois pas franchement attirée.

  2. Jerome dit :

    Ta subjectivité parvient à me convaincre que ce n’est pas un livre pour moi.

    1. @ Jérôme : oh, vraiment? 😉

  3. keisha41 dit :

    Il fait partie des livres lus et non chroniqués, j’ai réussi à m’ennuyer, pas tout le temps bien sûr, mais assez quand même. De bellels pages sur les forêts!

    1. @ Keisha : ça ne m’étonne pas vraiment… J’ai éprouvé un peu d’ennui aussi.

  4. noukette dit :

    Je n’ai toujours pas lu Serge Joncour. Je crois qu’un de ses titres attend sur mes étagères, pas celui là, tant mieux ! 😉

    1. @ Noukette : j’espère que tu auras plus de chance quand viendra l’heure de le piocher!

  5. Yv dit :

    j’en ai lu un de lui qui m’avait laissé un peu le même goût que toi, assez cliché…

    1. @ Yv : parfois, on a un peu de mal à comprendre certains succès, non?

  6. manika27 dit :

    C’est marrant moi il m’a carrément porté ce livre, j’y ai même ri du ridicule de la situation sans doute le trop dont tu parles.

    1. D’habitude je suis plutôt bon public, et je ris assez volontiers, mais là, question de moment peut-être, la sauce n’a pas pris vraiment.

  7. sylire dit :

    Je n’en ferai pas une priorité mais pourquoi pas si l’occasion se présente.

    1. Il y a des choses intéressantes et bien vues. Peut-être auras-tu un ressenti différent…

  8. Océane dit :

    Il y a un côté désinvolte dans ce roman, non ? Un peu comme si Joncour se moquait totalement de Serge.

    1. Oui, c’est vrai. Mais peut-être trop justement…

  9. hélène dit :

    Je comprends tes réticences, je l’ai trouvé meilleur dans la peinture du village ou du monde des écrivains que dans sa bluette amoureuse !

    1. @ Hélène : oui, il croque bien certains travers…

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