Sauf quand on les aime

P1060151C’est bien connu : ensemble, on est plus fort. Ainsi ont raisonné Claire, Juliette et Kader en décidant de prendre une colocation. Ils ont la vingtaine, et la vie n’a pas été vraiment tendre avec eux. Juliette a perdu ses parents, Claire navigue à vue, l’indécision en guise de gouvernail, et Kader a en poche un diplôme qui ne lui sert à rien. Il est obligé de faire le manœuvre sur un chantier pour gagner chichement sa vie.

Comme dans un film de Rohmer, Kader aime Juliette qui aime Ethan. Ils apprécient de se retrouver tous les soirs, de dîner ensemble, de discuter, de se réconforter, de rire et d’écouter de la musique, notamment celle qu’interprète Claire avec son violoncelle.

L’arrivée de l’inflammable Tisha dans le trio, ainsi que le rapprochement avec Monsieur Bréhel, leur voisin confit dans sa solitude et qui pratique un humour désuet comme d’autres s’accrochent désespérément à une bouée, vont conduire les trois amis sur des chemins inattendus, de douceur et de violence aussi… Comment être jeune en ce monde et trouver sa place?

Quelle claque, ce roman! En un peu plus de deux cents pages, un concentré de vie! Pas une vie fictive. Non, la vraie, celle qui met des gnons et accorde parfois un peu de cette douceur dans laquelle on puise pour continuer d’avancer. Frédérique Martin déroule les péripéties que traversent ses personnages sans mollir, et mine de rien, nous parle de la jeunesse d’aujourd’hui, de la place des femmes dans les sociétés, de l’amour si difficile à vivre quand il n’est pas partagé, de l’amitié qui sauve de tout, et de la solitude des villes où chacun peut vite être oublié. Son style percute, secoue, ébouriffe. On sent qu’il y a derrière cette écriture du vécu, et un sens de l’observation affûté.

C’était ma première rencontre avec la plume de Frédérique Martin, et qu’on se le dise, je compte bien ne pas en rester là!

Sauf quand on les aime, Frédérique Martin, Belfond.

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11 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. aifelle dit :

    Je peux alimenter ta PAL ! Je termine actuellement son recueil de nouvelles « j’envisage de te vendre » que je trouve jubilatoire. Et j’avais aimé « Le vase où meurt cette verveine », malgré quelques réserves. Je note bien vite celui d’aujourd’hui.

    1. Ah mais j’ai bien prévu de lire aussi ce recueil! On va former un fan-club non? 😉

  2. Je ne connais pas cet auteur et je n’avais pas encore entendu parler de ce roman… Court et poignant, c’est ce que j’aime dans mes lectures… donc pourquoi pas !

    1. @ Anaverbaniablog : oui, il faut la découvrir, c’est vraiment excellent!

  3. noukette dit :

    Il faut absolument que tu lises Le vase où meurt cette verveine, une merveille !!

    1. Gwenaëlle dit :

      @ Noukette : c’est prévu, il est dans ma pile et je l’ouvrirai bientôt!:-)

  4. Camilla dit :

    Ta chronique me donne vraiment envie de découvrir ce roman 🙂 Je ne connaissais pas l’auteur, je note le titre !

    1. Gwenaëlle dit :

      @ Camilla : mission accomplie alors! 🙂

  5. manika27 dit :

    Noté !

    1. Gwenaëlle dit :

      @ Manika? Souligné? Surligné? Mis en gras et en italique? 😉

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