Aussi loin que possible

Trop souvent je n’ai pas vécu l’instant présent par crainte des conséquences qu’il engendrerait.

Ça commence comme un jeu. Un jeu entre deux adolescents qui veulent découvrir lequel des deux court le plus vite. Un, deux, trois, c’est parti. Et ça ne s’arrête pas… Sans se concerter, Antoine et Tony continuent d’avancer, traversent la cité, les parkings des zones commerciales, les lotissements proprets. Ils courent. Ils s’échappent. Ils prennent leur liberté. Les heures passent, le paysage défile. Ils pensent aux cours qu’ils ratent, à ce que leurs parents vont dire. Mais cela ne suffit pas à les arrêter.

Jusqu’où iront-ils?

Avec une économie de mots et un sens de la formule, Eric Pessan dit beaucoup dans ce petit livre qui n’atteint pas les 140 pages. Sur ces jeunes d’aujourd’hui qu’on contraint trop tôt à être sages, sur cette liberté qui n’est pas donnée et qu’il faut arracher, même si ce faisant on a l’impression de devenir voleur.

A travers la course de ses deux héros, Tony et Antoine, l’auteur raconte ce qu’on fuit, et le sens du chemin. Il décrit les paysages de cette France d’aujourd’hui, ses cités appauvries, ses zones pavillonnaires défendues par des alarmes et des chiens, ces stations balnéaires désertées les trois quarts de l’année et l’océan qui s’étend au loin, entre frontière et promesse de liberté. Loin de leur famille et de leur univers habituel, privés de ce qui fait leur quotidien, les ados éprouvent leur corps, leur intelligence, et leur volonté.

Des jours sans écran, sans envoyer ni recevoir de messages, sans connexion, sans films, sans lecture, sans école, sans devoirs, sans leçons à apprendre, sans interrogations. Des jours et des jours simplement employés à s’enfoncer plus avant dans les paysages, à contempler les transformations du jour, à envier la vie des nuages. Des jours et des jours à émietter le temps du bout des doigts. Voilà notre nouvelle vie.

Un roman riche, captivant, et qui donne envie de prendre – comme le dirait sans doute le grand-père d’Antoine – la clé des champs… Un livre à ne surtout pas réserver aux adolescents!

Aussi loin que possible, Eric Pessan, L’école des loisirs. 

P1060160

 

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12 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Jerome dit :

    Je suis d’accord avec toi, c’est bien plus qu’un roman jeunesse.

    1. Gwenaëlle dit :

      @ Jérôme : oui, à tous points de vue! J’aime la sobriété de la langue, cette manière de dire beaucoup en peu de mots.

  2. flyingelectra dit :

    il me tente beaucoup !

    1. Gwenaëlle dit :

      @ Flyingelectra : tant mieux! 🙂

  3. saxaoul dit :

    Ce roman me tente et je suis certaine qu’il plairait à mes élèves !

    1. Gwenaëlle dit :

      @ Saxaoul : il est vraiment bien : l’histoire, le style, les personnages, le thème. Oui, il faut que tu le leur fasse découvrir!

  4. anne7500 dit :

    Très tentée aussi… (si, si) 😉

    1. Gwenaëlle dit :

      @ Anne : un roman classé en « jeunesse » mais qui est bien supérieur à d’autres classée en « adulte »…

  5. noukette dit :

    Un très bon roman oui, tout court !!

    1. Gwenaëlle dit :

      @ Noukette : je vois que nous sommes d’accord! 😉

  6. manika27 dit :

    Vu chez Jerome aussi et noté

    1. Gwenaëlle dit :

      @ Manika : tu verras, il est vraiment bien.

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