Albédo

C’est une histoire de nostalgie et de maturité. Une plongée dans le passé pour voir plus clairement l’avenir. C’est un roman qui parle des liens d’amitié et d’amour et des effets qu’ils ont sur nous.

Emmanuel, surnommé Nil, est appelé par son vieil ami Mock qu’il n’a pas vu depuis près de quinze ans pour se rendre avec lui en Bretagne et y convoyer une urne funéraire. Là-bas, il retrouve Ti Gwern, la grande maison où il a passé plusieurs étés, en compagnie d’une bande d’amis hétéroclite, et de Maud, la jeune femme dont il était alors éperdument amoureux. Seulement, après quelques heures sur place, Mock disparait, et Emmanuel doit rentrer à Rouen par ses propres moyens.

Plus tard, il est appelé par Maud qui s’inquiète de la disparition du fameux Mock. Elle lui demande à son tour de l’accompagner jusqu’à Ti Gwern afin d’essayer de le retrouver. Commence alors pour Nil/Emmanuel une plongée dans le passé, qui va l’amener à reconsidérer ce qu’il a vécu sous un angle différent.

Amour, amitié, fidélité, nostalgie : il y a tout cela dans le dernier roman de Sébastien Fritsch. Nil, le personnage principal, m’a rappelé celui de Derrière toute chose exquise, un précédent roman du même auteur : un homme avec un côté albatros, un peu inadapté à la vie en société, vivant beaucoup dans son monde intérieur, et qui est brutalement surpris quand il comprend que sa vision des choses n’est pas la réalité. Albédo raconte comment les évènements vont peu à peu le conduire à non plus croire, mais voir vraiment, avec lucidité.

Sébastien Fritsch publie lui-même ses romans, et je trouve sa démarche courageuse. Ses livres sont de plus en plus travaillés, avec un vrai soin porté à l’orthographe, à la couverture, à l’objet livre lui-même et à sa promotion. On peut parler d’un résultat professionnel.

Sur l’histoire, mon avis est plus mitigé, parce que cette prose qui prend son temps et décortique n’est pas celle que je préfère. Question de personnalité, de caractère. J’aime le message de fond de ce roman, mais pas totalement la manière dont il est porté. Mes goûts me conduisent vers des récits plus tendus, qui vont directement au but sans s’appesantir sur les détails.

En dépit de ces réserves, j’ai aimé l’évocation de cette bande de copains et les personnages féminins qui tous viennent secouer les chimères et les certitudes de Nil. Faut-il voir là une opinion de l’auteur qui considèrerait que les hommes ne peuvent avancer que grâce aux femmes? Je lui laisse le soin de répondre s’il veut…

Merci à toi, Sébastien, pour cet envoi et cette lecture!

Albédo, Sébastien Fritsch, Editions Fin Mars Début Avril.

Il est possible de lire les premiers chapitres du roman ici.  

L’avis de Saxaoul, bien plus enthousiaste que moi!

Publicités

6 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. saxaoul dit :

    Contrairement à toi, j’ai apprécié de connaître tous ces détails sur le passé et le présent de Nil.

    1. Gwenaëlle dit :

      @ Saxaoul : tant mieux! Du coup, j’ai rajouté ton billet en lien.

      1. saxaoul dit :

        Oh, c’est gentil mais je n’ai pas laissé ce commentaire pour cela 😀.

      2. Gwenaëlle dit :

        @ Saxaoul : non, non, je sais bien, mais j’avais oublié de mettre quelques liens, donc ça tombait bien! 😉

  2. Je confirme ton analyse : oui, les hommes ne peuvent avancer que grâce aux femmes. Mais chut, il ne faut pas le leur dire : ils restent encore persuadés que ce sont eux qui contrôlent tout.

    1. Gwenaëlle dit :

      Je me garderai bien de dire quoi que ce soit… Je suis pour la paix des ménages, moi, monsieur! 😉

Votre mot à dire?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s