Jardins de papier

imgresC’est sans doute parce qu’elle a très tôt associé le plaisir de la lecture à celui d’être au jardin, qu’Evelyne Bloch Dano s’est plongée dans la rédaction de ces « Jardins de papier ». Elle nous convie d’abord à un parcours rapide dans l’histoire des jardins, avant de nous emmener dans le jardin réel, rêvé, écrit de différents auteurs : Rousseau, George Sand, Colette, Marcel Proust, André Gide, jusqu’à Patrick Modiano et Christian Bobin.

On voit ainsi apparaitre le « jardin secret » dans les jardins médiévaux, toujours clos de murs ou de haies, et organisé autour d’une fontaine. Les jardins de la Renaissance, eux « s’organisent autour de l’œil, selon un art harmonieux de la perspective ». Plus tard, apparaissent les jardins à la française, où art et nature fusionnent, ou bien à l’anglaise, conçus comme des tableaux où tous les sens doivent être sollicités… C’est instructif, intéressant, jamais lassant.

La seconde partie sur les jardins des écrivains est tout aussi passionnante. A propos de George Sand, l’auteure écrit : « On ne s’étonne pas, par conséquent, que le jardin devienne la métaphore du travail de l’écrivain lui-même« .  Travail de longue haleine, de patience, d’échecs et de réussites…

Plus loin, à propos de Colette :

Le jardin est vivant, donc il meurt, il change, il enseigne la modestie, la résignation, même, car il permet de confronter deux temps, celui de la nature et celui de l’homme. Comme l’écriture, il impose aussi la mise en ordre. Comment trouver le juste équilibre entre le trop et le pas assez, entre le sauvage et le figé? La luxuriance et le désordre peuvent lui être fatals. La poussée de sève, l’impulsion, le jaillissement doivent être domestiqués, « cultivés », au sens propre, dans l’écriture comme dans le jardinage.

Jardins de papier est un livre érudit, passionnant, écrit en vert, et qui donne furieusement envie d’aller tailler, sarcler, planter, puis de savourer l’ombre des arbres avec un bon roman entre les mains… Un plaidoyer pour la beauté, la nature et l’écriture.

(ci-contre, la Maison de George Sand à Nohant)

Jardins de papier, Evelyne Bloch Dano, Le Livre de Poche

9 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. aifelle dit :

    Maintenant qu’il est sorti en poche, je n’ai plus de raison de m’en priver 😉

    1. Gwenaëlle dit :

      @ Aifelle : il est vraiment très intéressant. IL donne envie de relire certains classiques, et d’autres auteurs plus contemporains…

  2. keisha41 dit :

    Oui je l’ai vu en poche, mais pas acheté (pourquoi une encre verte, franchement c’est trop!) Hé oui, Nohant…

    1. Gwenaëlle dit :

      @ Keisha : livre sur les jardins = les pouces verts = encre verte… Non, sérieusement, je ne sais pas. Mais il y a bien des livres faits de papier rose… alors pourquoi pas l’encre verte?

      1. keisha41 dit :

        De toute façon ça se lit confortablement quand même, j’ai feuilleté en librairie
        Pour les pages saumon, Gaia a arrêté je crois.

  3. Yv dit :

    le jardin, c’est déjà pas mal de travail pour l’entretenir… quoique, lire ce bouquin, dans le hamac, dans le jardin, ça doit être drôlement bien

    1. Gwenaëlle dit :

      @ Yv : si tu veux voir ton jardin autrement, c’est le livre qu’il te faut…

  4. sylire dit :

    Tu en parles drôlement bien…

    1. Gwenaëlle dit :

      T’aurais-je convaincue? Un livre parfait à découvrir dans un fauteuil sur ta terrasse… 😉

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