Mes impudeurs

Parce qu’il surprend un jour une scène torride dans la chambre de ses parents, le jeune Libero Marsell va passer sa vie à chercher à comprendre ce que sont l’amour et le désir. A travers la littérature et la sexualité notamment, il va grandir, mûrir et apprendre à conquérir sa liberté.

Education sentimentale contemporaine qui se déroule d’abord à Paris puis à Milan, Mes impudeurs, de Marco Missiroli est un roman d’initiation qui fait la part belle aux femmes. Car les femmes, dit l’auteur, sont l’énergie qui poussent l’homme à devenir lui-même.

Elle avait des seins blancs, aux tétons roses et aux larges aréoles. Majestueux, ils débordaient sur les côtés mais restaient inexplicablement haut perchés et compacts. Il fallait deux mains pour chaque sein. Cette poitrine écorcherait mon cortex cérébral pour l’éternité : le big bang de ma mémoire masturbatoire.

Si le thème est connu, la manière dont il est traité ici rendent ce roman particulièrement attachant. L’histoire commence en 1975 alors que Libero vient de déménager à Paris avec ses parents. Une nouvelle vie s’offre à lui, avec des codes différents et des lieux emblématiques, comme les Deux Magots. Il s’y fera des amis, y rencontrera des amours et des relations plus éphémères, avant de partir vers d’autres horizons.

Divisé en cinq temps – enfance, adolescence, jeunesse, maturité, âge adulte – le roman évoque ces âges que nous avons tous traversés et qui nous mènent peu à peu de l’innocence à l’expérience.

Je compris vraiment qu’Anna avait refermé le cercle de ma maturité lorsqu’une autre Anna me le prouva. Je sentis soudain ce qu’était la féminité pour moi, ce qu’elle était réellement, par un après-midi de mars.[…] Chacune des femmes de mon passé m’avait donné quelque chose pour la trouver, et pour comprendre ma jeunesse solitaire. A présent, et à présent seulement, je leur en étais reconnaissant à toutes. Oui, chacune d’elles avait été mon journal afin qu’Anna devînt ma liberté, pensais-je en la regardant. Elle s’en aperçut : « Je suis laide? demanda-t-elle. – Tu es toi » lui répondis-je.

Un très beau roman qui parlera à tous, et une plume italienne à découvrir absolument.

Mes impudeurs, Marco Missiroli, éditions Rivages. 

P1070614

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10 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. aifelle dit :

    Je ne lis pas beaucoup d’auteurs italiens, pourquoi pas si celui-ci croise ma route.

    1. Gwenaëlle dit :

      Je ne suis pas objective, mais je trouve un charme fou à la « jeune » littérature italienne. Du style, de l’énergie, un vrai goût pour la vie…

  2. Yv dit :

    A voir ou à lire plutôt

    1. Gwenaëlle dit :

      À lire, oui, bien sûr !!

  3. Jerome dit :

    Tout pour me plaire celui-là !

    1. Gwenaëlle dit :

      Je me suis fait la même réflexion !

  4. manika27 dit :

    J’aime beaucoup les auteurs italiens que je découvre peu à peu

    1. Gwenaëlle dit :

      Pour le moment, Je n’ai eu que de bonnes surprises.

  5. Sandrine dit :

    Le sujet m’inquiétait un peu, je ne suis pas fan des éducations sexuelles, mais les citations me plaisent et me laissent penser qu’on ne va pas dans le lourd ou le graveleux…

    1. Gwenaëlle dit :

      Là, on est davantage dans la sensualité. Et le sujet principal du roman est quand même la maturation d’un homme, grâce en partie aux femmes qui traversent sa vie.

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