Comme dans un film

De l’auteur, j’avais lu le précédent livre, La vie, sorte d’exercice de style où la narration rebondissait toutes les trois ou cinq lignes, de personnage en personnage.

COUV-SA-MOREIRA-Comme-dans-un-flim-PL1SITEDans Comme dans un film, Régis de Sà Moreira prend le parti de bâtir son roman sur un dialogue ininterrompu. L’histoire est connue : ils se rencontrent, ils s’aiment, ils se déchirent, ils se séparent, ils se retrouvent… Comme dans un film, quoi. Au début, le dialogue donne une légèreté à l’ensemble. Emaillé d’interventions de personnages plus ou moins en rapport avec l’histoire, qui apportent leur touche d’humour ou de décalage, le récit est mené tambour battant.

Mais au bout d’une centaine de pages, le procédé essouffle le lecteur. On saute d’une réplique à l’autre, comme on suit la balle sur le cours de Roland-Garros. Si les dialogues donnent du punch à un récit, ils comportent aussi l’écueil de coller de trop près au langage de tous les jours, appauvrissant la prose de l’auteur. Et comme là, il n’y a que ça…

De plus, dans ce récit d’un amour tout ce qu’il y a de plus banal, l’auteur n’évite pas les clichés : les amoureux du début qui se prennent à toute heure du jour et de la nuit sur n’importe quel support, les amoureux du milieu qui ne s’aiment plus tant que ça et se balancent objets et injures à la figure, les plus du tout amoureux de la fin qui se quittent presque sans rancune…

Lui : Je la regarde et je lui propose de tirer un dernier coup pour son anniversaire.

Elle : Je soutiens son regard et j’essaie de me rappeler, au début de notre relation, s’il était aussi con.

La serveuse du bar où ils avaient bu des caïpirinhas et des vins chauds le premier soir : Il avait pas l’air spécialement fute-fute.

Le serveur : Mais il était mignon.

Elle : Je ne pensais pas au premier soir, plutôt à la première année.

Les voisins du dessus : On se demandait s’ils allaient allumer la télé un jour, ou s’ils n’allaient vraiment faire que baiser.

L’auteur s’est lancé un pari en écrivant ce roman. Je pense qu’il a pris plaisir à l’écrire, voire s’est beaucoup amusé. Je dois avouer que j’en ai pris beaucoup moins à le lire. Répétitif, sans finesse ni réelle originalité (à part le choix de cette forme particulière et les interventions inattendues), ce roman a quelque chose du gadget littéraire. Vite lu, vite oublié. (Et puis cette couverture moche pour ne rien arranger…)

Comme dans un film, Régis de Sà Moreira, Le Diable Vauvert. 

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8 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. aifelle dit :

    Je passe et je ne m’arrête pas 😉

  2. Noukette dit :

    Bon, La vie était sympathique mais là je pense que ça ne me plaira pas…

    1. Gwenaëlle dit :

      J’avais aussi bien aimé La Vie, mais là, non, j’ai bloqué…

  3. Asphodèle dit :

    Que ce soit ce que tu en dises ou les extraits boooof bof, pas du tout du tout tentée ! Je passe joyeusement ! 😀

    1. Gwenaëlle dit :

      Ta PAL me remercie, non? 😉

  4. sylire dit :

    Pas tentée du tout ! (et en plus, je n’aime pas lire du théâtre).

    1. Gwenaëlle dit :

      Oui, on en avait parlé…

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