Pourquoi les oiseaux meurent

Dans les périodes de doute et de tourmente, on s’accroche à ce qu’on peut. Pour Victor, qui se noie dans l’ennui et la procrastination, ce sera les oiseaux. Pas ceux qui volent, mais ceux qui tombent, comme l’annonce dans un entrefilet le journal Paris-Normandie. Oui, il a plu des oiseaux un peu partout, mais surtout dans le village où Victor est né.

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Décidé à faire la lumière sur ce phénomène dont tout le monde semble se moquer royalement, Victor décide d’embarquer sur le Seine-Princesse, un bateau de croisière qui promène de joyeux et encore valides retraités de Paris à Honfleur en suivant les boucles du fleuve. Là, accroché à son cahier (où il consigne tout) comme d’autres à leur bouée, il fera la connaissance de quelques passagers, et de Clarisse, capitaine en second sur ce drôle de navire.

Certains choisissent la route 66, d’autres les méandres paresseux de la Seine. Mais ce qui compte, n’est-ce pas de se remettre en mouvement afin de dissoudre les bouchons qui entravent le cours de la vie? Dans cet univers où le fluide prend le dessus, Victor mène l’enquête et tente de trouver des réponses à la chute de ces petits Icares de plumes, comme au désordre de sa vie.

Dans ces cas-là, seuls l’anecdotique, le faux pas, l’insensé minuscule me sauvent. Il suffit d’une faute de frappe du réel pour me sentir comme vengé : mon regard peut à nouveau se poser avec amour sur ce monde, non parce qu’il deviendrait tout d’un coup aimable, mais parce qu’il confirme qu’il est absurde.

Roman au charme décalé, « Pourquoi les oiseaux meurent » se lit facilement, et distille son ambiance particulière au fil des pages. On se demande si ces croisières fluviales existent vraiment. Et la réponse est oui : elles existent, tout comme le Seine-Princesse. Entre véracité et malice, Victor Pouchet signe une histoire nonchalante et sensible. Le style est impeccable, l’histoire habilement construite. Si je me suis laissée aller au plaisir de la lecture, je n’en fais pas pour autant un coup de cœur. Il m’a manqué un je-ne-sais-quoi… peut-être un peu de chaleur dans ce personnage de Victor qui semble trop souvent garder la vie à distance.

Pourquoi les oiseaux meurent, Victor Pouchet, Finitude.

6 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. aifelle dit :

    Un critique du Masque et la Plume l’a donné en conseil en fin d’émission récemment. J’ai dressé l’oreille, parce que la croisière passe par Rouen, donc je le lirai, mais sans urgence. Je te confirme que les croisières existent, on sait quand elles sont là parce que la ville est pleine de groupes de vieux badgés 😉

    1. Gwenaëlle dit :

      Oui, j’ai été très étonnée de découvrir ce type de croisière ! C’est un livre qui a de belles qualités. Je pense qu’il va bien marcher.

  2. anne7500 dit :

    La couverture est déjà attirante, intrigante, jolie… 😉

    1. Gwenaëlle dit :

      Oui, la couverture est réussie, on a envie d’ouvrir le livre.

  3. keisha41 dit :

    Pareil qu’Aifelel pour le masque. J’espère bine le lire!!!

    1. Gwenaëlle dit :

      Ça devrait venir, ta bibli est bien achalandée.

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