Tous les hommes du roi

Jack Burden, homme au statut mal défini, fait partie du cercle proche qui entoure le gouverneur Willie Stark. On est dans les années trente, plongés dans la chaleur de la Louisiane, où les tractations vont bon train pour tenter de garder – ou de s’approprier – le pouvoir. Parti de rien et avec pour seul bagage sa seule ambition, Stark est devenu un homme puissant, dont les discours ne répugnent pas à une certaine démagogie.

CVT_Tous-les-Hommes-du-Roi_7541Quand ses ennemis commencent à menacer de faire capoter ses projets, il charge Jack Burden de déterrer quelque chose dans le passé de son adversaire, le juge Irwin, afin de le compromettre et de le réduire à néant. Or, Jack connait bien le juge qu’il a côtoyé, enfant, du temps où il vivait chez sa mère, à Burden’s Landing. L’enquête mène donc aussi Jack sur le terrain de son passé, et le rapproche d’Anne et Adam Stanton, la soeur et le frère qui demeurent, trente ans après, ses plus proches amis. Fils unique d’une mère à la fois possessive et désinvolte, il a grandi dans l’absence d’un père, parti du jour au lendemain sans explications.

Tous les hommes du roi est un livre foisonnant, à l’écriture éblouissante, qu’il est bien difficile de résumer en quelques lignes tant les thèmes abordés sont nombreux et riches. Réflexion sur le pouvoir, la fidélité, l’amitié et l’amour, ce roman fait la part belle aux personnages secondaires, telle Sadie Burke, sorte de conseillère du gouverneur et volcan sans cesse au bord de l’éruption. C’est un livre dense, qu’on ne peut lire que lentement, pour apprécier la prose de Robert Penn Warren, fluide, riche et souvent teintée d’un voile de désillusion. Un auteur qui n’a pas son pareil pour dire toute la fragilité des ambitions humaines. C’est aussi un roman étonnamment moderne, bien que publié pour la première fois en 1946. A croire que l’espèce humaine ne change pas tant que ça, pour finir…

A la lueur des étoiles, on allait filer comme le vent sur ce ruban de bitume blême entre les bois et les champs obscurs baignés de brume. Un peu à l’écart de la route, une grange se dresserait hors de la brume comme une maison émergeant  des eaux après la rupture d’une digue. Plus près, une vache serait enfoncée jusqu’à mi-pattes dans la brume, ses cornes humides luisant d’un éclat nacré sous les étoiles, et nous verrait fuser comm un éclair noir dans le flamboyant tunnel lumineux  qui perçait l’obscurité juste devant nous.

Tous les hommes du roi, Robert Penn Warren, Monsieur Toussaint Louverture. 

Votre mot à dire?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s