Maria

Ça ne vous arrive pas de vous demander, à la lecture d’un livre, comment tout a commencé? D’où est venue l’idée qui a servi de point de départ au roman? Pour Angélique Villeneuve, le personnage de Maria est né quand elle a lu un article évoquant un couple qui venait d’avoir un bébé et qui avait refusé de faire connaître son sexe. Fille? Garçon? Non, juste un bébé. Et ceci afin de ne pas l’éduquer en lui collant d’emblée une étiquette de genre, mais en le laissant grandir à sa guise, sans avoir à se définir par son sexe.

20180205_163126Ainsi donc Maria va être grand-mère pour la deuxième fois. Son premier petit-fils Marcus a trois ans. Les parents de ce dernier, Celine et Thomas, le laissent se vêtir de robes ou de pantalon à sa guise. Il peut aussi changer de prénom, et décider du jour au lendemain qu’il s’appelle Pomme. Maria est pleine d’amour pour cet enfant, avec qui elle observe les oiseaux, mais elle a du mal à suivre et à comprendre les choix de sa fille et de son gendre. Quand le second enfant naît, les parents refusent de préciser son sexe. C’est un choc pour Maria et pour son compagnon. Comment parler du nouveau-né? Comment l’aimer si l’on ne peut pas dire ce qu’il est?

A travers ce roman, Angélique Villeneuve s’empare d’un thème brûlant : les choix singuliers face à la pression sociale, la liberté d’être ce que l’on veut sans accepter d’être réduit à un sexe. Outre cette question d’actualité, l’auteure interroge aussi ceux qui effectuent des choix radicaux, et leurs effets sur l’entourage. Il n’est pas question de savoir qui a raison et qui a tort, mais peut-être de trouver un juste milieu acceptable pour tout le monde.

Angélique Villeneuve dessine les contours de son personnages principal à petites touches légères, mais tracées d’une main sûre. Force est de constater, après avoir lu la plupart de ses ouvrages, qu’elle a un faible pour ces femmes apparemment fragiles, mais qui, confrontées à l’adversité, se découvrent des ressources insoupçonnées. A travers les personnages de ses romans, il me semble qu’elle cherche à cerner cette force féminine, que d’autres ont qualifiée de « sauvage ». Force qui ne peut naître et vivre que de l’Amour.

Mais ceci est un autre sujet…

Maria, Angélique Villeneuve, Grasset.

 

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6 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. keisha41 dit :

    Oui, je me souviens de l’histoire réelle, on n’en a plus rien su d’ailleurs.

    1. Gwenaëlle dit :

      Je n’avais jamais entendu parler de ça avant de découvrir le roman d’Angélique… J’ai trouvé le thème vraiment intéressant, et longtemps après la lecture, l’idée continue à faire son chemin…

  2. angelique VILLENEUVE dit :

    oh, merci Gwenaelle, c’est drôlement bon de se découvrir lue ainsi… merci !

    1. Gwenaëlle dit :

      Merci pour tous ces beaux portraits de femmes, Angélique. 😀

  3. aifelle dit :

    Je pensais avoir laissé un commentaire, mais j’ai dû oublier ! J’ai mis mon billet en ligne ce matin, j’ai aimé autant que toi, j’ai été touchée bien plus que je ne le pensais par Maria et son cheminement. Et les questions soulevées font réfléchir.

  4. valmleslivres dit :

    C’est très intéressant ce que tu évoques par rapport à l’idée originelle du roman.

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